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Épidémiologie

  • L’arrêt du tabac prolonge la survie des patients atteints de cancers broncho-pulmonaires.

    1.02
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    L’équipe du Roswell Park Cancer Institute, Buffalo de New York a eu pour objectif, nous en parlions sur ce site (/prev-em-onco/3561) d’offrir et d’organiser une prise en charge du tabagisme chez les patients atteints de cancer avec l’organisation de plusieurs contacts téléphoniques.  

    Le but de ce travail est de présenter les données qui concernent les patients fumeurs atteints de cancers broncho-pulmonaires et adressés à la consultation de sevrage tabagique, et de voir notamment les taux de cessation. L’objectif était aussi de comparer la survie des  patients qui ont cessé leur tabagisme  à celle de ceux qui n’ont pas cessé.  

    Au total, 250 patients sur 388 qui ont été adressés entre octobre 2010 et octobre 2012, répondaient aux  critères d’inclusion de cette étude.

    Cent deux patients (40,8%) ont fait d’une abstinence d’au moins 24 heures lors de leur dernier contact.  Parmi ceux-ci,  65 avaient cessé avant leur premier contact.

    Le suivi moyen a été de 15,5 mois (0-40 mois)

    L’utilisation du tabac lors du dernier contact était associé, après ajustement  à l’âge, au tabagisme, au sexe, au PS, au temps depuis le diagnostic, au tabagisme cumulé, au sexe, à l’histologie et au stade, à une augmentation significative du risque de décès (HR = 1,79, 95% CI : 1,14–2,82).

    La médiane de survie des patients qui disaient qu’ils continuaient à fumer était de 20 mois et de 29 mois pour ceux qui disaient avoir quitté.

    Même si cette étude a des limites liées notamment a suivi assez court et au fait que le recueil d’informations soit basé sur une simple déclaration téléphonique, elle apporte tout de même des informations très intéressantes qui doivent être transmises à tous les malades atteints de cancer broncho-pulmonaire

  • La moitié des décès liés à 12 cancers sont attribuables à la cigarette

    1.02
    Revue: Journal of the American Medical Association

    Ce court article a pour but d’estimer le nombre de décès attribuables au tabac aux Etats Unis dans 12 cancers dont il est établi qu’ils ont une relation avec le tabac. Pour chacun de ces cancers, le nombre de décès attribuable au tabac est extrêmement variable. Par exemple  pour l’année 2011, chez les adultes de 35 ans ou plus, 83,2 et 76,4 des cancers broncho-pulmonaires des hommes et des femmes sont attribuables au tabac alors que ces pourcentages ne sont pour les cancers du colon et du rectum que de 11,2 et 8%. Durant cette même année, on estime qu’il y a eu 345 692 décès d’adultes de 35 ans ou plus en relation avec 12 cancers dont 167 805, c’est à dire 48,5%, sont causés par la fumée de cigarettes.  

    On n’est pas surpris d’apprendre que les cancers dont la mortalité attribuable au tabac est la  plus élevée sont les cancers broncho-pulmonaires, de la trachée ou du larynx mais on est plus étonné d’apprendre que la moitié environ des décès par cancers de la bouche, de l’œsophage et des voies urinaires sont attribués à la cigarette.

    Ces chiffres sont certainement à communiquer au public. 

  • Tous nos malades ne meurent pas forcément de leur cancer

    1.02
    Revue: Annals of Oncology

    A côté de la mortalité spécifiquement liée au cancer, beaucoup de patients qui ont eu un cancer décèdent  d’autres complications du tabac (BPCO, causes cardio-vasculaires) sans qu’on sache très bien quelle en est l’exacte proportion. Le but de cette étude hollandaise est de tenter de définir les causes de décès à long terme des patients atteints de cancers bronchiques non à petites cellules non métastatiques en fonction des stades et de leurs dates de survenue. 

    Pour effectuer cette étude, 72 021 patients de 45 à 89 ans chez lesquelles un diagnostic de cancer bronchique non à petites cellules de stade I à III a été porté entre 1989 et 2008 en Hollande et qui sont décédés dans leur pays jusqu’en  2011 ont été étudiés.  Dans ce but, les données du registre national des cancers ont été croisées avec celles d’une base de données nationale sur les causes de décès.

    Le suivi médian était de 9,6 ans.

    Globalement les causes de décès étaient dominées par le cancer broncho-pulmonaire qui représentait 81 % des causes de décès chez les hommes et 83% chez les femmes. Les autres causes étaient représentées par les autres tumeurs (5,5 et 6,9%), les causes cardio-vasculaires (5,3 et 3,6%), les affections respiratoires (2,5 et 2%) et d’autres causes.

    Dans les stades I et II, le cancer broncho-pulmonaire  représentait la première cause de décès pendant les trois ans qui suivaient le diagnostic. Ensuite la proportion des décès liés aux maladies cardio-vasculaires et aux BPCO ne cessait d’augmenter, surtout après 6 ans et surtout chez les sujets âgés.

    Dans les stades III, le cancer broncho-pulmonaire représentait jusqu’à 90% des causes de décès jusqu’à 3 ans et restait très prépondérant (73-85%) ensuite jusqu’à 6 ans.  Il restait ensuite la principale cause de décès jusqu’à 11 ans.

    Ce travail illustre bien que, si dans les 3 premières années le cancer du poumon représente la principale cause de décès de façon quasi exclusive, il n’en est pas de même ensuite dans les stades I et II car,  progressivement au fil des années,  la part des décès liés au tabac autres que le cancer broncho-pulmonaire  ne cesse d’augmenter. La connaissance de ces données est importante afin de ne pas attribuer de façon excessive des symptômes à une récidive de cancer broncho-pulmonaire, surtout à partir de 3 ans.

  • Des cas de mésothéliomes non professionnels dans le sud du Nevada

    1.02
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    Aux Etats-Unis, où il y a 3200 nouveaux cas de mésothéliome chaque année, l’incidence est très différente dans les régions où il n’y a pas d’industrie liée à l’amiante (5,8 cas par million d'habitants par an) et dans celles où il y a une activité industrielle (16,5 cas par million). Les femmes étant plus rarement exposées professionnellement à l’amiante le rapport hommes/femmes va de 4 à 8. Il est d’ailleurs admis que, quand ce rapport est à un, c’est plutôt un facteur environnemental ou génétique qu’il faut évoquer.

    Par ailleurs, comme la latence est très longue de 30 à 50 ans après une exposition professionnelle, l’âge moyen auquel apparaît le mésothéliome est en général élevé, de l’ordre de 74 ans et les cas de mésothéliome diagnostiqués avant 55 ans sont rares et rarement liés à une exposition professionnelle.

    Cette étude, basée sur l’analyse des données de mortalité par mésothéliome à partir des CDC (Centers for Disease Control and Prevention) américains entre 1999 et 2010, met à profit ces données dans une très belle étude méthodologique. Elle porte sur le Nevada qui est connu comme ayant un taux élevé de fibres dans l’environnement et où plusieurs cas de mésothéliomes chez des sujets jeunes ont été observés dans le sud de cet état.

    Résultats

    Entre 2006 et 2010 l'incidence standardisée selon l’âge du mésothéliome au Nevada et de l'ordre de 10 cas par million d'habitants par an, ce qui est tout à fait similaire au reste des Etats-Unis. Néanmoins, comme le Nevada n’est pas un état dans lequel il y a une industrie liée à l’amiante ce taux est trop élevé par rapport à celui des autres états comparables qui sont autour de 5.

    Par ailleurs, si ce taux est resté constant sur une période de 10 ans, il existe des différences entre le sud du Nevada et le reste de cet état :

    • le rapport hommes/femmes est à 2,7 alors qu’il est supérieur à 6 dans le reste du Nevada
    • et le taux de sujets de moins de 55 ans y est significativement plus élevé (11,3 vs 6,2%) sans que l’analyse des caractéristiques générales de la population ne puisse expliquer ces différences.

    Dans cette région du sud du Nevada, la concentration de fibres est élevée dans l’environnement et les auteurs évoquent donc une exposition environnementale en incriminant particulièrement les activités de loisirs avec des véhicules tout-terrain qu’auraient 15% de la population. Ces activités favoriseraient l’érosion et la dispersion des fibres.

    De futures études sont planifiées pour mieux cerner les raisons de cette exposition et d’éventuels facteurs génétiques. 

  • Cigarettes électronique : les bénéfices sont supérieurs aux risques

    1.02
    Revue: Chest

    Dans le second article de cette controverse, les auteurs développent les arguments qui plaident pour le fait que les risques de la cigarette électronique soient inférieurs aux bénéfices attendus.

    1)   Dans la première partie, les auteurs rappellent combien l’épidémie tabagique est importante et soulignent que les ressemblances entre la cigarette électronique et la cigarette normale font de la cigarette électronique un bon outil pour se débarrasser de la cigarette normale.

    2)   Magrè ces ressemblances, la cigarette électronique n’a rien à voir avec la vraie cigarette : alors que les substances qui résultent de la combustion des cigarettes sont des carcinogènes dont l’action est prouvée, les vapeurs de e-cigarettes ne contiennent que des traces non détectables de toxiques. Quant au propylène glycol qui est le principal composé des émissions de cigarette électronique, il est un constituant de beaucoup de médicaments.

    3)   L’innocuité de la nicotine, principal composant de la cigarette électronique, a été bien démontrée, nous dit l’auteur, par les études qui ont été menées en comparaison avec les substituts nicotiniques. 

    4)   A la différence de la cigarette électronique, les fumeurs ne retirent pas la même satisfaction des substituts nicotiniques que de la cigarette parce que  leur absorption est lente.

    5)   Deux études randomisées seulement ont comparé la cigarette électronique aux substituts nicotiniques classiques et ont montré une efficacité comparable en terme de sevrage tabagique complet, même pour les cigarettes électroniques sans nicotine.  Mais la cigarette électronique contribue également à faire baisser la consommation tabagique en substituant  à l’inhalation de fortes concentrations de produits toxiques, celle de produits beaucoup moins toxiques.

    Les arguments développés dans ces deux articles sont les uns et les autres séduisants mais la question reste totalement ouverte : est ce que la cigarette électronique est un outil efficace qui va permettre d’aider des milliers de fumer à cesser d’inhaler des milliers de substances cancérigènes ? Ou est ce qu’au contraire la cigarette électronique est une « passerelle » qui permet le passage vers la vraie cigarette ? Cette hypothèse redoutable paraît actuellement plausible notamment pour les jeunes, non ou peu fumeurs, attirés vers ce nouveau procédé attractif alors qu’ils ne sont pas encore dépendants de la nicotine … Et qui le deviennent à cette occasion.

    La réponse à cette question passera obligatoirement par la publication de nouveaux essais randomisés. La surveillance attentive des données chiffrées de l’épidémie tabagique devrait également être informative  dans les prochaines années.

  • Cigarettes électronique : les risques sont supérieurs aux bénéfices

    1.02
    Revue: Chest

    Dans le premier article de cette controverse, les auteurs développent les arguments qui plaident pour le fait que les risques de la cigarette électronique sont supérieurs aux bénéfices attendus.

    Pourtant, à première vue les cigarettes électroniques ont des atouts car il est démontré que les vapeurs de cigarette électronique contiennent beaucoup moins de substances carcinogènes que la cigarette classique et de ce fait elles seraient un outil intéressant pour faire diminuer la mortalité de la cigarette en favorisant le sevrage.

    Mais tout n’est pas si simple et les auteurs développent les arguments suivants :

    1)   En fait la cigarette électronique est une passerelle vers la cigarette traditionnelle en augmentant chez les jeunes l’addiction à la nicotine et même en l’induisant chez les sujets qui n’on jamais fumés ou qui fument peu. Nous avions analysé sur ce site un article, il y a un an, qui montrait bien cela (/prev-em-onco/3587).

    2)   Il n’a pas été démontré que la cigarette électronique soit supérieure aux traitements traditionnels pour arrêter de fumer et les auteurs détaillent les résultats des études dont certaines ont été analysées sur ce site (/prev-em-onco/3415).  Ces études n’apportent pour l’instant aucune démonstration d’une aide quelconque à un sevrage durable.

    3)   Un certain nombre d’effets toxiques, tels que nausées, vomissements, maux de tête, sensations d’étouffement et irritation des voies respiratoires supérieures ont été rapportés. Des effets sur la synthèse locale de NO, l’augmentation des symptômes chez les asthmatiques et l’augmentation du risque de transformations génétiques de l’épithélium respiratoire ont également été décrits.

    Ainsi pour cet auteur, la cigarette électronique n’apporte aucun bénéfice et a de nombreux effets secondaires.

  • La survie des cancers dans le monde mesurée à partir des données des registres.

    1.02
    Revue: Lancet

    CONCORD-2 réunit les données de 279 registres provenant de 67 pays dans le monde pour donner des informations sur la survie de 10 cancers parmi les plus fréquents (chez l’adulte, les cancers de l’estomac, du colon, du rectum, du foie, du poumon, du sein, du col, de l’ovaire et de la prostate et, chez l’adulte et l’enfant, les leucémies. Tout ceci représente pour la période 1995-2009 les données de 28 685 445 patients. Ces données ont été soumises à un contrôle de qualité

    Pendant cette période, les survies à 5 ans des cancers du colon, du rectum et du sein ont augmenté régulièrement dans la plupart des pays développés. Elle est maintenant en France de l’ordre de 60% pour le cancer du colon et supérieure à  85% pour le cancer du sein.

    Dans le cancer du poumon, les données de 5 294 261 patients sont disponibles  et les taux de survie à 5 ans ne dépassent 20% que dans 3 pays. Ils sont en revanche inférieurs à 10%  dans plusieurs autres pays.

    Entre 1995 et 2009, les taux de survie à 5 ans des patients atteints de cancer broncho-pulmonaire ont  augmenté fortement dans certaines régions comme la Chine où le taux de survivants à 5 ans est passé de 8 à 18%. Dans la majorité des pays européens, une augmentation de 2 à 5% a été notée pendant cette période. En  France, où les registres couvrent 18% de la population, la survie à 5 ans n’a augmenté que de façon très modérée pendant cette période, de 12,8 à 13,6%.

    On est frappé à la lecture de cet intéressant article, non seulement par les grandes hétérogénéités de survie à 5 ans de tous ces cancers, mais aussi  par l’hétérogénéité de la couverture des registres qui dans certains pays intéressent 100% de la population et dans d’autres moins de 10%. On peut pour ces pays dont la couverture est faible s’interroger sur la représentativité de ces données.  

  • Quelle est en France la perception du cancer broncho-pulmonaire ?

    1.02
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    La rapidité d’accès aux soins est possiblement liée à la perception qu’ont les personnes non malades de leur risque d’avoir la maladie et de leurs chances de guérir si elles en étaient atteintes.

    Ces considérations sont aussi importantes à connaitre pour le clinicien car elles interfèrent dans sa relation avec le patient tant au moment de l’annonce diagnostique que de la prise en charge.

    Pour mieux connaître la perception qu’ont les personnes non malades du cancer broncho-pulmonaire, cette large enquête prospective nationale a inclus près de 1500 sujets sains. Elle s’est intéressée aux représentations sociales du cancer du poumon en interrogeant chaque participant sur les facteurs de risque, l’épidémiologie, les signes cliniques, le traitement, le pronostic et les croyances en rapport avec le cancer du poumon.

    L’article rapporte une  analyse quantitative couplée à une analyse lexicale.

    L’échantillon de population sélectionné était considéré être représentatif de la population française en juin 2013. Sur 2200 questionnaires envoyés, il y a eu 1629 réponses dont 1469 ont été considérées éligibles (soit 67%).

    Concernant l’épidémiologie, 40% des participants savaient que l’incidence du cancer du poumon était stable chez l’homme et 75% qu’elle augmentait chez la femme. Les principaux facteurs étiologiques étaient bien connus des personnes interrogées qui mentionnaient principalement parmi les causes le tabagisme actif (93%), l’exposition professionnelle (80%), le tabagisme passif (67%) et la pollution (55%). En revanche, seulement 62% des fumeurs et 21% des non fumeurs s’estimaient à risque de cancer broncho-pulmonaire.

    Concernant les symptômes et le pronostic, 85% pensaient que la maladie était symptomatique dans la majorité des cas. 83% considéraient le cancer du poumon comme une maladie sévère, au même niveau que le cancer du pancréas et devant les cancers colo-rectaux, du sein et de la prostate. Le taux de survie à 5 ans tous stades confondus était surestimé (32% versus 15% actuellement), mais le taux de survie des stades précoces opérés était lui sous-estimé (52%).

    Concernant les traitements, 32% pensaient que le cancer bronchique était curable à tous les stades. Les principaux traitements étaient connus (chimiothérapie (91%), arrêt du tabac (90%), chirurgie (71%), radiothérapie (64%)) mais seulement 45% des personnes interrogées connaissaient les thérapeutiques ciblées. 74% pensaient que l’administration des traitements nécessitait une hospitalisation, et 60% une voie intraveineuse pour être efficace. La chimiothérapie seule était considérée comme un traitement efficace pour 44% des personnes interrogées et 21% pensaient que les médecines alternatives pouvaient traitées le cancer du poumon.

    L’analyse du champ lexical a montré que l’expression « cancer du poumon » était associée au tabac, à une maladie fatale, à la pollution, à la chimiothérapie et à la souffrance. En comparaison avec le cancer du sein, le cancer du poumon était associé à la notion de culpabilité, de style de vie et à une perte d’autonomie.

    En conclusion, cette étude souligne la nécessité d’une part de prendre en compte ces croyances au moment de l’annonce et dans le dialogue avec les patients et leur famille ; d’autre part de réaliser une large campagne d’information sur le bénéfice du dépistage, le bon taux de survie des stades précoces et les progrès majeurs avec les thérapeutiques ciblées. 

     

    Docteur Perrine Crequit

    Servive de Pneumologie

    Hôpital Tenon

  • Faut-il proposer la cigarette électronique aux fumeurs atteints de cancer ?

    1.02
    Revue: Journal of the National Cancer Institute

    Cesser le tabagisme est bénéfique pour les patients cancéreux, cette notion est bien démontrée et, à ce propos, nous commentions récemment un article qui établissait un lien entre le risque de deuxième cancer et la poursuite du tabagisme (/prev-em-onco/3792).

    La cigarette électronique est-elle utile à cette démarche ? Non, si l’on en croit une étude récente que cite l’auteur de cet éditorial et qui a récemment été commentée sur ce site (/prev-em-onco/3784) et dans laquelle les utilisateurs de la cigarette électronique disaient fumer aussi davantage de tabac.

    Les utilisateurs de la cigarette électronique sont plus dépendants et donc fument davantage. Pour l’auteur de cet éditorial, cette étude rejoint par ces conclusions celles d’autres études menées chez le fumeur non cancéreux : la cigarette électronique n’est peut-être pas, contrairement à ce que beaucoup croient,  un bon outil pour cesser de fumer (/prev-em-onco/3632). 

  • Risque de cancer broncho-pulmonaire et facteurs socio-économiques dans le voisinage

    0
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    Des études ont suggéré qu’il existait un lien entre les facteurs socio-économiques et le risque de cancer broncho-pulmonaire sans qu’on ne sache très bien s’il s’agit de facteurs individuels ou de facteurs sociaux appréciés globalement par l’état de dénuement social du quartier d’habitation (neighborhood deprivation). L’index de dénuement du voisinage (Neighborhood deprivation index) était défini par 4 variables : niveau éducationnel bas, bas niveau de revenus, chômage, recours à l’aide social.

    Le but de cette étude suédoise réalisée de 2000 à 2010 à partir d’un registre et de tenter de préciser quels sont les facteurs, individuels ou de quartier liés à la mortalité par cancer broncho-pulmonaire.

    Comme on peut le voir sur le tableau ci-dessous, l’incidence et la mortalité par cancer broncho-pulmonaire augmentait avec le niveau de pauvreté :

    Niveau de pauvreté

    du quartier

    Bas

    Modéré

    Elevé

    Incidence ajustée à l’âge (/1000)

    9,2

    10,4

    13,3

    Mortalité ajustée à l’âge (/1000)

    8,1

    9,6

    13

    L’incidence comme la mortalité étaient significativement liées avec le niveau de pauvreté du voisinage. Après ajustement à des variables socio-économiques individuelles, le lien entre le niveau de pauvreté du voisinage d’une part et  l’incidence et la mortalité par cancer broncho-pulmonaire d’autre part persistait de façon indépendante des variables individuelles.

    Les facteurs de voisinage comme les facteurs individuels semblent bien importants à prendre en compte l’un et l’autre.

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