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Épidémiologie

  • En Norvège, la survie des patients atteints de cancer broncho-pulmonaire s’améliore nettement.

    2.01
    Revue: European Respiratory Journal

    Il est en général admis, à juste titre, qu’on ne peut pas affirmer avec certitude l’amélioration de la survie des cancers broncho-pulmonaires sur les résultats des seules études cliniques, car ceux-ci ne reflètent pas les résultats obtenus chez la totalité des malades atteints de cancers broncho-pulmonaires. Beaucoup de patients en effet n’entrent pas dans les essais cliniques parce qu’ils sont trop âgés, ont trop de comorbidités ont un PS ≥ 2 ou tout simplement parce qu’ils n’ont pas accès à ces études. On dit aussi à juste titre que comparer des essais historiques de patients ayant les mêmes stades de tumeur conduit à s’exposer à un phénomène de Will Rogers : si dans une population ancienne on basait la classification TNM sur le seul scanner et que dans une population plus récente on a recours également à une IRM cérébrale et à une TEP-FDG, et si on s’intéresse aux seuls patients atteints de cancers de stades III et IV, on peut supposer que le simple fait d’ajouter ces deux examens au bilan d’extension  améliore simultanément la survie des patients qui ont un cancer de stades III comme celle des patients qui ont un cancer de stade IV. Ajouter l’IRM et la TEP-FDG soustraira du groupe des patients de stade III des patients ayant un cancer métastatique, la survie de ceux-ci étant ainsi améliorée. Et par ailleurs ajouter l’IRM et la TEP-FDG  ajoutera au groupe des stades IV des patients ayant des cancers pauci- métastatiques,  ou dont les métastases étaient de trop petit volume pour être détectées au scanner. De ce fait, la survie des patients atteints de cancers de stade IV sera également améliorée. Ceci explique que beaucoup d’auteurs  ont, encore récemment, contesté l’amélioration de survie de l’ensemble des malades atteints de cancer broncho-pulmonaire, en considérant que  seul une fraction de ceux-ci bénéficiaient des progrès récents.

    C'est donc uniquement des registres recrutant, dans une région donnée,   tous les malades atteints de cancer, quel qu'en soit le stade, l’âge, le PS ou les comorbidités que peut venir la démonstration d’une augmentation de survie de l’ensemble de la population atteinte de la maladie.

    Le registre norvégien (Cancer Registry of Norway (CRN)) a été crée dans ce pays en 1953 par le Ministère de la Santé. Ses critères de qualité sont excellents et il est quasiment exhaustif puisqu’il regroupe 96,9% des malades atteints de cancer broncho-pulmonaire.

    Ce registre contient les données de 34157 patients, d’âge médian 70 ans, qui ont été diagnostiqués entre 1997 et 2011 et qui vont servir à cette étude. Parmi ceux-ci, 18% ont été opérés. Il y avait 16,8% de cancers bronchiques à petites cellules, 20,6% d’épidermoïdes, 31% d’adénocarcinomes, 5,2% de cancers à grandes cellules, 16% de NOS et 15,4% de cancers de type inconnu. Les taux de survie ont été en constante amélioration pendant cette période, comme le montre le tableau ci-dessous :

     

    N

    Survie à 1 an (%)

    Survie à 5 ans (%)

     

     

    1997

    2011

    1997

    2011

    Ensemble des malades

    34157

    35,4

    47,6

    11,6

    17,5

    Cancers non opérés

    27997

    28,4

    37

    3,6

    6,3

    Cancers opérés

    6160

    77,2

    93,3

    47

    62,6

    Cette augmentation de survie est multifactorielle,  liée probablement à tous les progrès diagnostiques et thérapeutiques observés en Norvège comme ailleurs.

    Ces données confirment avec certitude que, même s’il nous reste beaucoup de chemin à parcourir, nous sommes sur la bonne voie et il n’est pas inutile de le faire savoir aux esprits chagrins qui peuvent encore ici ou là en douter encore en ce début de 2016 ou à ceux qui pensent encore que nous dépensons beaucoup d’argent pour pas grand chose. 

    Thematique: Épidémiologie
    Étiquette:
  • L’incidence du cancer broncho-pulmonaire chez la femme est-elle liée à ses antécédents gynécologiques ?

    1.02
    Revue: Lung Cancer

    A Singapour, l’incidence du cancer broncho-pulmonaire chez la femme, et particulièrement chez la femme non fumeuse, est élevée. Par ailleurs, plusieurs études ont identifié la présence de récepteurs hormonaux à un taux particulièrement élevé dans les adénocarcinomes broncho-pulmonaires et toute une littérature portant sur l’épidémiologie a cherché à établir un lien entre le statut hormonal et le risque de cancer broncho-pulmonaire chez la femme, mais les résultats de ces études ne vont pas dans le même sens, probablement en partie du fait que la plupart de celles-ci n’ont pas d’effectifs insuffisants.

    Le travail publié ici a été réalisé à partir d’une étude randomisée sur le dépistage du cancer du sein. Cette étude concernait près de 29 000 femmes de 50 à 64 ans, qui ont été randomisées pour un dépistage par mammographie.

    Avant la mammographie les participantes devaient remplir un questionnaire qui comportait des informations sur le mode de vie et sur le statut marital, l’âge des premières règles et de la ménopause, les dates et nombres de grossesses éventuelles et l’utilisation éventuelle d’une hormonothéraoie.

    L’existence de cancers broncho-pulmonaires éventuelle à été recherchée à partir du registre des cancers de Singapour.

    La plupart des participantes étaient des non-fumeuses et étaient chinoises.

    Parmi 28222 femmes, 311 cancers incidents ont été découverts, dont 253 chez des non-fumeuses  

    Trois facteurs hormonaux sont significativement corrélés avec une diminution du risque de cancer broncho-pulmonaire et un avec une augmentation de celui-ci (tableau ci dessous).

     

     

    HR

    p

    Antécédents de grossesses

    Non

    1

     

     

    Oui

    0,53

    <0,0001

    Nombre de grossesses

    0

    1

     

     

    1-2

    0,63

    0,03

     

    3-4

    0,55

    0,002

     

    ≥5

    0,48

    <0,0001

    Nombre d’accouchements

    0

    1

     

     

    1-2

    0,56

    0,03

     

    3-4

    O,55

    0,002

     

    ≥5

    0,45

    <0,0001

    Age aux premières menstruations

    <12

    1

     

     

    13-15

    1,33

    0,05

     

    ≥16

    1,52

     

    En revanche, l’âge à la ménopause, la durée de la période d’activité génitale, l’âge au premier accouchement, l’allaitement éventuel et sa durée et l’utilisation ou la durée d’une contraception orale n’étaient pas significativement liés au risque de cancer broncho-pulmonaire.

    La relation inverse entre le nombre de grossesses et d’accouchements était significative chez les fumeuses comme chez les non-fumeuses.

    Cette étude épidémiologique de grande ampleur et très complète a été menée en Chine et il n’est pas certain que ses conclusions puissent être totalement applicables à une population caucasienne. Une étude menée à Boston entre 1992 et 2004 aboutit à des conclusions très proches :  les femmes qui avaient un enfant avaient un risque de cancer réduit par rapport aux nullipares, qu’elles soient fumeuses ou non fumeuses et ce risque diminuait significativement avec le nombre de grossesses (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20123687). Toutefois toutes les études ne vont pas dans le même sens et elles auraient des résultats différents selon l’histologie (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22169171).

     

     

  • Risque de cancer du poumon chez les mineurs exposés à de faible taux de radon

    1.02
    Revue: British Journal of Cancer

    Si les données concernant les expositions à de fortes concentrations de radon sont bien connues, en revanche il n’en est pas de même pour les expositions à de faibles concentrations.

    Cette étude est réalisée sur les données d’une partie d’une cohorte de mineurs allemands embauchés à partir de 1960. Au total 26 766 mineurs ont été suivis de 1960 à 2008. Parmi ceux-ci 3820 (14,3%) sont décédés dont 334 par cancer broncho-pulmonaire.

    Cette cohorte était composée d’hommes assez jeunes puisque l’âge limite des travailleurs vivants en 2008 était de 54 ans et celui des décédés de 52 ans. 

    Les informations sur le tabagisme n’étaient malheureusement disponibles que pour 56% de la cohorte. Le quart de ces derniers étaient non-fumeurs.

    Il existait une association claire  entre l’exposition cumulative au radon et l’excès de risque de décès par cancer broncho-pulmonaire.

    Cette étude, parce qu’elle porte sur une importante cohorte suivie depuis longtemps est importante. Il est dommage que le statut tabagique ne soit connu que chez la moitié des travailleurs de cette cohorte, ce qui retire beaucoup de valeur aux résultats qui sont publiés ici. 

  • Quels sont les freins au sevrage tabagique chez les malades atteints de cancer ? Une enquête de l’IASLC

    0
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    En 2012, l’IASLC a interrogé ses membres à propos de leurs évaluations du tabagisme et de leurs pratiques destinées au sevrage tabagique de leurs malades.

    Sur 3719 membres invités, 1507 ont participé. Parmi les personnes qui ont répondu, 87% étaient des médecins. L’analyse a été restreinte à ceux-ci dans la mesure où ils déclaraient que leur activité principale concernait l’oncologie médicale, la radiothérapie, la pneumologie ou la chirurgie (n=1153).

    La majorité de ces répondant travaillaient eu Europe (29,7%) ou aux USA (22,2%),   travaillaient dans une structure académique (70,9%), avaient une pratique supérieure à 10 ans (72,2%), consacraient plus de la moitié de leur temps à cette activité (80,3%) et étaient non-fumeurs (71,1%).   

    La grande majorité des médecins interrogeaient les patients sur leur tabagisme, sur leur volonté d’interrompre leur tabagisme et donnaient un conseil de cessation du tabac. En revanche moins de la moitié des médecins discutaient les différentes options de sevrage et traitaient activement les patients ou les adressaient à une consultation de sevrage tabagique.

    Les médecins, interrogés ensuite sur les raisons de leur attitude, semblaient bien convaincus de l’intérêt d’obtenir un sevrage tabagique chez leur malades notamment parce que le tabagisme impacte le traitement et pensent que ceci doit faire partie du traitement de leurs malades. Néanmoins ils expliquaient leur absence de prise en charge par un manque d’expérience, de temps et de moyens.

    Les auteurs concluent que ces médecins qui prennent en charge les patients atteints de cancer doivent avoir accès à des programmes d’aide au sevrage tabagique. 

  • EUROCARE-5 : encore des résultats

    0
    Revue: European Journal of Cancer

    On retrouve dans cet article beaucoup de données concernant la période 2000-2007, déjà publiées en janvier 2014 et déjà analysées sur ce site (/prev-em-onco/3512). Ces données ont été recueillies à partir de 87 registres dans 28 pays.

    Il existe de grandes variations de taux de survie à un an et 5 ans, par exemple en Angleterre, ces taux sont à 30,3% et 8,8% alors qu’ils sont en Autriche à 43% et 16,7%.

    Pour la France on dispose dans ce registre et pour cette période de 17 715 dossiers. La survie des cancers broncho-pulmonaires en général est de 43% à 1 an et de 13,8% à 5 ans. Le taux de survie à 5 ans des malades qui survivent à 1 an (survie conditionnelle) est de 31,9%. Ces chiffres nous situent dans la moyenne du groupe des pays d’Europe Centrale dont nous faisons partie.

    Quelques données sont aussi disponibles sur les cancers de la plèvre en Europe : ceux-ci représentent 4% des cas inclus dans cette étude, pour la plupart des mésothéliomes. Les taux de survie à un an et 5 ans sont respectivement de 43% et 7%. Le taux de survie conditionnelle est de 17%.

  • L’usage croissant de la cigarette électronique a-t-il influencé la diminution de l’utilisation des produits électroniques enregistrés ?

    1.02
    Revue: Thorax

    Pendant ces dernières années, alors que l’usage de la cigarette électronique a augmenté de façon importante, l’usage des autres produits enregistrés à base de nicotine a diminué dans beaucoup de régions notamment en France et en Angleterre. Existe-t-il une relation entre ces deux évolutions ?

    Pour répondre à cette question près de 15 000 fumeurs anglais ont répondu à un questionnaire sur leur utilisation entre mars 2011 et novembre 2014 d’un certain nombre de produits pour les aider à arrêter de fumer tels que par exemple les patchs de nicotine, les gommes, les tablettes, les inhalateur, et les cigarettes électroniques.

    Les deux tiers de ces fumeurs ont déclaré ne pas utiliser de produits enregistrés à base de nicotine ou de cigarettes électroniques. Parmi ceux qui en ont utilisé,  1330 utilisaient uniquement des cigarettes électroniques, 1603 des produits enregistrés et 330 les deux. De façon attendue, seulement 23 % des personnes qui n’utilisaient pas de produits nicotiniques projetaient de s’arrêter pendant l’année qui venait, alors que respectivement 53, 63 et 72% des fumeurs des autres groupes avaient ce projet. Les hommes et les travailleurs manuels utilisaient moins fréquemment l’ensemble de ces produits.

    Pendant cette période, l’usage de la cigarette électronique à augmenté rapidement jusqu’au troisième trimestre 2013, en passant de 2,2 % jusqu’à 20,8 %. La consommation est ensuite restée stable.

    En revanche, il n’y a pas eu de changement concernant l’utilisation des produits enregistrés contenant de la nicotine entre le deuxième trimestre 2011 et le troisième de 2013. Ce n’est qu’ensuite que la consommation de ces produits a lentement décliné.

    Quant à la consommation globale de produits contenant de la nicotine elle a augmenté jusqu’au troisième trimestre 2013 puis est restée stable et a ensuite décliné au quatrième trimestre de 2014.

    On peut donc conclure de cette étude que, si la consommation de cigarettes électroniques à augmenté beaucoup juste quand fin 2013, elle est stable maintenant et n’a donc pas de relation avec la réduction plus récente du taux de produits nicotiniques enregistrés.

  • La réduction du taux de nicotine influe sur la consommation de cigarettes ?

    2.01
    Revue: New England Journal of Medicine

    Le taux de nicotine  des cigarettes influence-t-il la consommation ? C’est une question qui restait jusqu’à présent débattue. L’étude que publie cette semaine le New England Journal of  Medicine pose à nouveau cette question dans une grande étude randomisée multicentrique à laquelle étaient invités à participer des fumeurs de plus de 18 ans, fumant Au moins 5 cigarettes par jour et n’envisageant pas de s’arrêter. Cette étude était financée par le National Institute on Drug Abuse et le centre  sur les produits du tabac de la Food and Drug Administration.

    Ils étaient randomisés pour fumer pendant 6 semaines, soit leur marque de cigarettes habituelle, soit  l’un des 7 types de cigarettes fabriquées pour l’étude et ayant des contenus nicotiniques proches des cigarettes du commerce allant de  0,4 mg de nicotine par g  de tabac, ce qui est un taux extrèmement faible,  à 15,8 mg/g ce qui est un taux proche de celui des cigarette industrielles. Ils pouvaient selon leur préférence fumer ou non des cigarettes mentholées. 

    L’objectif principal de l’étude était de mesurer le taux de cigarettes fumées durant la sixième semaine.

    Au total 840 participants fumeurs de 15 à 16 cigarettes/jour ont été inclus.

    Des différences significatives concernant le nombre de cigarettes fumées pendant la sixième semaine ont été observées :

    -       les patients randomisés pour leur marque usuelle ou pour les cigarettes ayant des taux élevés de nicotine (15,8 mg/g) fumaient environ 21 ou 22 cigarettes par jour,

    -       ceci était significativement plus que ceux qui fumaient des cigarettes contenant 2,4, 1,3 et 0,4 mg/g qui en fumaient environ 15 à 16.

    -       En revanche le nombre de cigarettes fumées par ceux qui fumaient des cigarettes à 5,2 mg/g ne différait pas significativement de celui des fumeurs qui étaient dans le groupe 15,8 mg/g.

    -       De plus, les fumeurs de cigarettes à très faible teneur en nicotine ont déclaré avoir deux fois plus tenté de fumer que ceux qui fumaient des cigarettes à 15,8 mg/g.

    Ces données tendent à prouver qu’une consommation faible de nicotine permet de réduire la dépendance à la cigarette et donc aident au sevrage.

    Une étude prospective (NCT02139930) teste actuellement cette hypothèse en comparant chez des fumeurs volontaires l’usage de cigarettes à taux normal, à des cigarette dont le taux de nicotine est d’emblée ou progressivement réduit (https://clinicaltrials.gov)

  • En France, le traitement chirurgical du cancer broncho-pulmonaire évolue. Une nouvelle étude à partir de la base EPITHOR.

    1.02
    Revue: European Respiratory Journal

    A partir du grand fichier chirurgical prospectif français EPITHOR dont plusieurs études ont été analysées sur ce site (/prev-em-onco/2299, /prev-em-onco/2977, /prev-em-onco/3528, /prev-em-onco/3731, /prev-em-onco/3826), les auteurs de ce travail multicentrique français ont revu les données de plus de 34 000 patients opérés d’un cancer broncho-pulmonaire entre 2005 et 2012 dans 103 centres français pour étudier, outre les caractéristiques cliniques, la survie et la mortalité  post-opératoire des malades opérés pendant cette période. 

    En 8 ans, la proportion de femmes a augmenté de 24 à 30%. Dans le même temps le nombre de sujets âgés et ayant un score anesthésique (ASA) ≥3 a également augmenté.

    Les techniques chirurgicales ont varié pendant cette période : diminution significative des pneumonectomies, multiplication par 8 des lobectomies vidéo-assistées, augmentation des curages ganglionnaires, diminution des chimiothérapies néoadjuvantes et chimiothérapie et radiothérapie adjuvantes.

    Les caractéristiques des cancers ont également changé : il y a eu une augmentation du nombre d’adénocarcinomes,  et de cancers de stades I et II.

    La nature des complications a varié mais la mortalité post-opératoire a progressivement diminué de 3,5 à 2,4%.

    Le taux de survie à 3 ans a augmenté significativement de 80,5% à 81,8%.

    Entre 2005 et 2008, le taux de survie à 3 ans des patients qui avaient eu une segmentectomie était inférieur à celui des patients qui ont eu une lobectomie, alors que de 2009 à 2012, il était le même.

    Pendant toute la durée de l’étude, les taux de survie des patients qui ont eu une bilobectomie ou une pneumonectomie étaient inférieurs.

    Ces données très intéressantes montrent donc sur une grande période et à partir de données nationales qui sont presque exhaustives qu’en 7 ans l’épidémiologie des cancers opérés a changé, avec des facteurs pronostiques favorables (plus de femmes, plus d’adénocarcinomes, plus de stades I et II) mais aussi défavorables (plus de sujets âgés ou ayant un mauvais score anesthésique. Les techniques ont aussi changé (moins d’interventions étendues). Pendant tout ce temps, la mortalité post-opératoire et la mortalité globale a diminué. Il est difficile de savoir quelle en est précisément la cause .  Outre ces facteurs, il est possible que les mesures qui ont conduit à la fermeture des centres peu actifs en soient au moins partiellement responsables (/prev-em-onco/3731).  Cet article démontre aussi une fois de plus que la base EPITHOR est une formidable source de renseignements. 

    Étiquette:
  • Déficit en alpha 1 antitrypsine et cancer broncho-pulmonaire

    1.02
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    Plusieurs études ont évoqué une possible relation entre un déficit en alpha 1 antitrypsine et un risque élevé de cancer broncho-pulmonaire avec des résultats contradictoires probablement du fait du tabagisme variable des sujets étudiés.

    Cette étude multicentrique cas-contrôle espagnole s’intéresse exclusivement aux cancers des non fumeurs qui constituent les cas tandis que les contrôles sont représentés par des non fumeurs appariés selon l’âge et le sexe qui ont été opérés pour une intervention non oncologique. Tous les participants étaient interrogés sur leurs éventuelles expositions environnementales et professionnelles.

    Deux cent douze cas et 318 contrôles ont été inclus dans cette étude. L’exposition élevée au radon était plus fréquente pour les cas (48%) que  pour les contrôles (30,4%). L’exposition au tabagisme passif à la maison était un peu plus élevée chez les cas (44,8%) que chez les contrôles (45,4%).

    Sept patients étaient homozygotes SS (3,3%) et seulement 3 (0,9%) parmi les contrôles. Il n’y avait aucun homozygote ZZ. Les hétérozygotes S représentaient respectivement 22 et 29% et les Z 5,2 et 5% des cas et des contrôles.

    Si aucun excès de risque n’est apparu pour les hétérozygotes, le risque ajusté des homozygotes SS était de 4,64 et même de 7,58 chez les femmes.

    Plus encore, après ajustement du risque à l’âge, au sexe et à l’exposition au radon, les homozygotes SS exposés à au moins 20 ans de tabagisme passif avaient un risque de cancer de 12,1.

    Cette étude suggère donc l’existence d’un risque élevé de cancer broncho-pulmonaire chez les homozygotes, principalement quand il s’agit de femmes et quand il y a eu une exposition prolongée au tabagisme passif. Attention néanmoins au fait que tous ces résultats sont basés sur de petits effectifs : 7 patients et 3 contrôles seulement étaient homozygotes.

  • Le mésothéliome en Europe à travers trois registres

    1.02
    Revue: Lung Cancer

    Cette étude a été menée à partir de 3 registres dont ont été extraits les dossiers des patients enregistrés de 2007 à 2010 en Belgique (n=900) et de 2007 et 2011 en Hollande (n=2306) et en Angleterre (n=5808).

    Plus de 80% des patients étaient de sexe masculin dans les 3 pays et près de 60% des patients avaient plus de 70 ans.

    Les traitements utilisés étaient très hétérogènes dans ces 3 pays :

    • Les patients belges étaient les plus traités avec 60% des patients qui recevaient une chimiothérapie, 41% de la radiothérapie, 16% une chirurgie et 11% une association de chirurgie et chimiothérapie.
    • Les patients hollandais et surtout anglais étaient moins traités avec respectivement 41 et 37% des patients qui recevaient une chimiothérapie, 10 et 33 % de la radiothérapie, 3 et 8 % une chirurgie et 2% dans les deux pays une association de chirurgie et chimiothérapie.

    L’usage de la chimiothérapie diminuait avec l’âge. Entre 70 et 79 ans la chimiothérapie a été donnée à 55% des patients en Belgique, 36 % en Hollande et 34% en Angleterre. 

    La durée médiane de survie était de 10,7 mois en Belgique, 9,2 mois en Hollande et 9,5 mois en Angleterre.  Dans les 3 pays, la médiane de survie diminuait avec l’âge.

    La survie des patients non traités par chimiothérapie était la même dans les 3 pays. Celle des malades traités était un peu supérieure en Belgique mais le principal message de cet article est que dans les 3 pays les survies médianes des malades traités par chimiothérapie, dans toutes les tranches d’âge,  étaient très supérieures à celles des malades qui ne recevaient pas de chimiothérapie, comme le montre le tableau ci-dessous :

     

     

    Belgique

    Hollande

    Angleterre

     

     

    Pas de CT

    CT

    Pas de CT

    CT

    Pas de CT

    CT

     

     

    Médianes de survie (mois)

    Age

    18-59

    8,2

    16,7

    9,8

    14,5

    10,3

    14,8

     

    60-69

    6,7

    14,1

    8,4

    13

    8,7

    14,8

     

    70-79

    5,2

    13

    7

    10,3

    6,1

    13,2

     

    80+

    5,2

    7,2

    4,9

    9,5

    5,6

    11,5

     

    Ensemble

    5,9

    14

    6,9

    12,3

    6,5

    13,5

    Le délai médian pour commencer la chimiothérapie était de 6 mois en Belgique et Hollande et 7,5 mois en Angleterre.

    Cette étude de registre montre que la pratique de la chimiothérapie est devenue importante dans ces 3 pays, intéressant 6 malades sur 10 en Belgique et moins de 4 sur 10 en Angleterre. Elle montre aussi que la survie des patients qui ont reçu une chimiothérapie est le double de celles des patients qui n’en ont pas reçu. Quand un malade est apte à recevoir une chimiothérapie, il est clair qu’il en bénéficiera.

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