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Tumeurs thymiques

  • Radiothérapie post-opératoire des tumeurs thymiques

    1.02
    Revue: Cancer

    Les règles d’utilisation de la radiothérapie adjuvante dans les tumeurs thymiques restent discutées et le travail suivant a pour but d’aider à les définir. La classification de Masaoka des tumeurs thymiques est probablement la plus utilisée dans le monde.  Elle différencie

    -       les tumeurs complètement encapsulée qui sont classées T1,

    -      celles qui envahissent le tissu conjonctif, appelées T2,

    -      celles, appelées T3,  qui envahissent des structures adjacentes,

    -       et enfin celles qui comportent une dissémination pleurale ou péricardique (T4).

    Ce travail rétrospectif est basé sur un registre créée en 1991 et regroupant 32 institutions japonaises. Les données de 2835 patients ont été recueillies de cette date à 2010. Pour être inclus dans cette étude, les thymomes ou carcinomes  thymiques devaient être  confirmés  histologiquement,  de stade II ou III selon la classification de Masaoka. Les tumeurs neuro-endocrines étaient exclues, il ne devait pas y avoir de  résidu tumoral et les informations sur la radiothérapie devaient être présentes.

    Ainsi 1265 patients ont été éligibles pour l’analyse. Leur âge moyen était de 59 ans. Il y avait 12% de carcinomes thymiques et le reste était constitué de thymomes. Il y avait environ 70% de stade II et 30% de stade III. Le tiers de ces patients (31,9%) ont eu une radiothérapie post-opératoire.

    Globalement le pourcentage de survie sans récidive à cinq ans était de 78 % pour les patients qui avaient reçu une radiothérapie et 83,5 % pour ceux qui n’en avaient pas reçu. Cette différence n’était pas significative.

    Dans le tableau suivant, on voit que ta radiothérapie post-opératoire augmentait les pourcentages de survie sans récidive à 5 ans des carcinomes thymiques de stade II et III mais pas ceux des thymomes.

     

     

    Radiothérapie

    Pas de radiothérapie

    p

    Carcinomes thymiques

    Stade II

    91,3

    68,1

    0,003

    Stade III

    50,5

    26,1

    Thymomes

    Stade II

    93,4

    92,3

    0,9

    Stade III

    62

    69,3

    Quelque soit le stade, la survie globale n’était pas en revanche associée au fait de recevoir ou non une radiothérapie.

    Dans cette étude, qui comporte des effectifs de patients très importants, la radiothérapie post-opératoire ne prolonge pas la survie globale, ni des patients qui ont un thymome, ni de ceux qui ont un carcinome thymique. Elle prolonge en revanche significativement la survie sans récidive des patients qui ont un carcinome thymique alors qu’elle ne prolonge pas la survie de ceux qui ont un thymome.

  • Carboplatine et paclitaxel en première ligne pour les carcinomes thymiques

    1.02
    Revue: Annals of Oncology

    Les tumeurs thymiques avancées ne sont pas fréquentes et il y a peu d’études disponibles qui portent sur un grand nombre de patients.

    Voici une étude de phase 2 ouverte japonaise qui s’intéresse au traitement de première ligne et porte sur 39 patients traités dans 21 centres par carboplatine (AUC 6) et paclitaxel (200 mg/m2).

    Il s’agissait de carcinomes thymiques dans presque tous les cas.

    Le taux de réponse était de 36% (un cas de réponse complète) et 59% des patients étaient en stabilité. Le taux de contrôle de la maladie était donc de 95%.

    La PFS médiane était de 7,5 mois et la survie globale médiane n’était pas atteinte. Les taux de survie globale à1 et 2 ans étaient respectivement de 85 et 71%.

    Le taux de neutropénies de grade 3 et 4 étai de 87 % dont 2 cas de neutropénies fébriles. Les taux de neuropathies sensitives de tous grades étaient de 87% dont 5% de grade 3.

    L’association carboplatine et taxol, aux doses utilisées dans cet essai de phase 2 devient donc l’une des options de traitement des carcinomes thymiques.

    Thematique: Tumeurs thymiques
  • Le sunitinib a-t-il une activité dans les tumeurs thymiques ?

    2.01
    Revue: Lancet oncology

    Il y a peu de temps, nous signalions une étude portant sur le pemetrexed en deuxième ligne dans les tumeurs thymiques et nous disions à ce propos qu’il y a peu d'études disponibles dans la littérature sur les traitements de deuxième ligne est plus des tumeurs thymiques (/prev-em-onco/3848).

    En voici une autre avec le sunitinib. Le sunitinib est un inhibiteur oral de la tyrosine kinase qui agit sur VEGFR, KIT et PDGFR. Plusieurs études ont exploré son activité dans les cancers bronchiques non à petites cellules. Il s’agit d’études de deuxième ligne ou le sunitinib était associé à l’erlotinib (/prev-em-onco/3422,/prev-em-onco/2992)

    ou au pemetrexed (/prev-em-onco/3557).

    Voici maintenant une étude de phase II qui s’intéresse aux tumeurs thymiques qui ont progressé après au moins une ligne de chimiothérapie comportant du platine.

    Ce choix du sunitinib pour cette indication est lié au fait que le VEGF, KIT et PDGF seraient surexprimés dans ces tumeurs.

    L’objectif principal de cette étude, dont la promotion était assurée par le NCI, était le taux de réponses confirmées. Les objectifs secondaires étaient la survie sans progression, la survie globale et la durée de réponse.

    En un peu plus d’un an, 16 patients atteints de thymome et 24 de carcinome thymique ont été inclus

    Les résultats sont indiqués sur le tableau ci dessous :

    Thymomes

    Carcinomes thymiques

    N

    16

    23

    Réponses (%)

    1 (6)

    6 (26)

    Taux de contrôle (%)

    13 (81)

    21 (91)

    PFS médiane (mois)

    8,5

    7,2

    Survie médiane (mois)

    15,5

    NA

    Les toxicités de grade 3 ou 4 les plus communes étaient  la lymphopénie (n= 8), la fatigue (n=8), la mucite (n=8), et une diminution le la fraction d’éjection du ventricule gauche (n=3). A signaler 3 décès pendant l’étude dont un arrêt cardiaque qui a été considéré comme possiblement lié au traitement.

    Cette étude montre des résultats particulièrement intéressants pour les carcinomes thymiques où peu de traitements ont montré une activité en deuxième ligne.

  • Pemetrexed en deuxième ligne dans les thymomes malins.

    1.02
    Revue: Lung Cancer

    Cette étude rétrospective monocentrique américaine porte sur 81 thymomes récidivants ou métastatiques ou carcinomes thymiques vus à Stanford en 8 ans. Parmi ceux ci, 16 (10 carcinomes thymiques et 6 thymomes) ont reçu du pemetrexed en monothérapie ou avec du carboplatine après une première ligne.  

    Les résultats sont résumés sur le tableau ci-dessous :

    Thymomes récidivants ou métastatiques

    Carcinomes thymiques

    N

    6

    10

    Réponse partielle (%)

    1 (16)

    1 (10)

    Stabilité (%)

    5 (84)

    5 (50)

    PFS médiane (mois)

    13,8

    6,5

    Survie médiane (mois)

    20,1

    12,7

    Fatigue, nausées et constipation étaient les seuls effets secondaires observés. Aucun effet hématologique de grade ≥3 n’a été observé.

    Bien que cette étude soit rétrospective et monocentrique elle a tout de même l’intérêt de montrer que le pemetrexed a une certaine efficacité dans cette tumeur rare pour la quelle peu de traitements efficaces sont connus après la première ligne. La survie sans progression  supérieure  à 6 mois en deuxième ligne dans les carcinomes thymiques n’est notamment pas habituelle. 

    Thematique: Tumeurs thymiques
  • Un étude de phase II dans les thymomes malins.

    0
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    Carcinomes thymiques et thymomes invasifs ont un pronostic différent mais sont souvent traités de façon identique par chimiothérapie sans que, compte tenu du petit nombre de malades atteints par cette pathologie, il n’y ait de standard thérapeutique. La plupart des régimes font appel à un sel de platine, une anthracycline et du cyclophosphamide, mais ces traitements sont souvent toxiques et altèrent la qualité de vie des malades sans pour autant les guérir.

    L’étude de phase II multicentrique réalisée par le North Japan Lung Cancer Group Study qui est publiée ici poursuit le but de trouver un traitement aussi efficace et moins toxique. Une association d’amrubicine (35 mg/m2, J 1–3) et de carboplatine  (AUC 4 à J1) toutes les 3 semaines a été utilisée pendant  un nombre médian de 4 cycles. L’objectif principal était le taux de réponse et les objectifs secondaires la survie sans progression et la toxicité.

    En quatre ans, 33 patients atteints de carcinomes thymiques et 18 de thymomes invasifs ont été inclus par 18 institutions japonaises.

    Près de la moitié des patients ont reçu précédemment une chimiothérapie avant cette étude et plus de la moitié après. Près de la moitié d’entre eux avaient été opérés et le quart environ  avaient été traités par radiothérapie.

    Résultats

    Parmi les patients atteints de carcinomes thymiques, le taux de réponse était de 30 % globalement : 42 % chez ceux qui n’avaient pas reçu de chimiothérapie et 14 % chez ceux qui en avaient reçu. Parmi les patients atteints de thymomes invasifs, le taux de réponse était de 17 % globalement : 13 % chez ceux qui n’avaient pas reçu de chimiothérapie et 33 % chez ceux qui en avaient reçu.

    Les taux de contrôle de la maladie étaient de 85% dans les carcinomes thymiques et de 89% dans les thymomes invasifs, pour lesquels beaucoup de stabilités étaient observées.

    Avec un suivi médian de deux ans la survie sans progression médiane était de 7,6 mois et la survie globale médiane de 27,3 mois dans le groupe des patients atteints de carcinomes thymiques. Chez les patients atteints de thymomes invasifs elles étaient de 7,6 et 58 mois.

    Les toxicités de grade ≥3 étaient les neutropénies (82 %), dont 22 % de neutropénies fébriles. Il y avait également 33 % d’anémies  et 20 % de thrombopénies. Plus de la moitié des patients ont eu  besoin d’un support de G-CSF. Aucune toxicité cardiaque n’a été rapportée, y compris chez des patients ayant déjà reçu une anthracycline.

    L’efficacité de cette association, surtout dans les thymomes invasifs, est donc très moyenne et elle ne semble donc pas devoir être testée en phase III.

    Thematique: Tumeurs thymiques
  • Récidives de thymomes. Quel pronostic ?

    1.02
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    Même après résection complète, les thymomes récidivent fréquemment (entre 10% et 30% des cas), souvent longtemps après leur exérèse. Ces récidives sont plus souvent locorégionales que métastatiques. Compte tenu de la faible incidence des thymomes seules des données rétrospectives et monocentriques, sont disponibles ce qui donne beaucoup d’intérêt à cette étude rétrospective mais multicentrique à la quelle une équipe française, qui a beaucoup travaillé sur les tumeurs thymiques, a collaboré.

    Cette étude porte sur 81 patients qui ont récidivé sur une période de 12 ans après un délai moyen de 86,5±72,1 mois, sans que ce délai ne soit influencé par le stade tel qu’il était établi lors du staging initial. Ce délai n’était pas non plus influencé par le fait d’avoir ou non reçu une chimiothérapie ou une radiothérapie adjuvante. Les récidives étaient le plus souvent loco-régionales dans le médiastin (n=15) ou la plèvre (n=44).

    Les 3/4 des patients ont été opérés de lésions pleurales, médiastinales ou pulmonaires, et le quart restant a reçu une radiothérapie ou une chimiothérapie.

    La survie calculée depuis la récidive était de 68,7% à 5 ans et 52% à 10 ans. Un certain nombre de tendances, non significatives probablement par manque de puissance sont observées : les malades qui ont bénéficié d’une résection complète (R0) ont une meilleure survie sans récidive (à 5 ans : R0 vs R1 : 78 vs 55%, et à 10 ans 57 vs 24%), de même que ceux dont le stade histologique ne s’est pas aggravé. Parmi les récidives loco-régionales, les atteintes  pleurales et pulmonaires semblaient de plus mauvais pronostic que les récidives médiastinales. Par ailleurs les récidives métastatiques avaient un pronostic plus mauvais que les récidives loco-régionales.

    Lors des récidives de thymomes, la chirurgie doit donc être systématiquement discutée et il y a de forts arguments pour penser qu’elle doit être effectuée chaque fois qu’elle est possible. 

    Thematique: Tumeurs thymiques
  • Vidéochirurgie pour les tumeurs thymiques non invasives ?

    1.02
    Revue: The Journal of thoracic and cardiovascular surgery

    La vidéochirurgie peut-elle remplacer la thymectomie par sternotomie pour la chirurgie des thymomes non invasifs ? Le but de cette étude rétrospective monocentrique menée à Shangai est de répondre à cette question à partir des données de 262 patients opérés, soit par vidéochirurgie, soit par thymectomie transternale pour un thymome de stade I ou II de la classification de Masaoka qui ne s’accompagnait pas de myasthénie. Les caractéristiques des patients des 2 groupes étaient les mêmes.

    Les résultats sont résumés sur le tableau suivant :

     

    Vidéochirurgie

    Chirurgie transsternale

    p

    N :

    125

    137

     

    Durée médiane de l’intervention (min) :

    170

    210

    <0,001

    Saignement (ml) :

    200

    450

    <0,001

    Durée de drainage (jours) :

    3

    5

    <0,001

    Durée de séjour (jours) :

    8

    10

    <0,001

    Conversion en chirurgie :

    4

     

     

    Transfusions sanguines :

    3

    2

    0,6

    Complications post-opératoires :

    6

    5

    0,6

    Réadmission (30j) :

    9

    10

    0,9

    Réinterventions :

    17

    19

    0,9

    Récidives/Suivi moyen (mois) :

    1/41

    1/42

    1

    Bien qu’il s’agisse d’une étude rétrospective, ce qui diminue son niveau de preuve, cette étude montre au moins que dans cette indication la vidéochirurgie est faisable et qu’elle semble même avoir un certain nombre d’avantages significatifs tels que la diminution des saignements, des transfusions sanguines, de le durée de drainage et de celle de séjour.

  • Une série rétrospective japonaise de carcinomes thymiques

    0
    Revue: Lung Cancer

    Cette série bicentrique japonaise a réuni en 20 ans 40 carcinomes thymiques avancés qui ont reçu une chimiothérapie à visée palliative. La plupart d’entre eux étaient métastatiques (10 stades IVa et 22 stades IVb) et 8 avaient une récidive. L’examen histologique correspondait à 6 types différents.

    Les chimiothérapie reçues étaient également variées : 11 ont reçu une association de cisplatine, adriamycine, vincristine et cyclophosphamide, 10 du cisplatine et de l’irinotecan, 12 un autre régime à base de cisplatine, 3 un doublet à base de cisplatine, et 4 une monothérapie.

    Dix neuf réponses partielles (47,5%) et un taux de contrôle de la maladie de 77,5% ont été observés. Les meilleurs taux de réponse ont été obtenus pour les régimes contenant du platine. La médiane de survie de l’ensemble des patients était de 24,5 mois  avec des taux de survie à 1, 2 et 5 ans respectivement à 72,5, 52,5 et 17,5%. La réponse à la chimiothérapie de première ligne est le seul facteur pronostique en analyse multivariée (43,6 vs 24,5 mois). 

    Thematique: Tumeurs thymiques
  • Thymic malignancies: from clinical management to targeted therapies.

    1.02
    Revue: Journal of Clinical Oncology

    Cet article est une revue générale sur le traitement des tumeurs thymiques basée sur une analyse très complète de la littérature concernant la recherche clinique sur cette tumeur durant ces 20 dernières années.

    Thematique: Tumeurs thymiques
    Étiquette:
  • Combination chemotherapy with Doxorubicin, vincristine, cyclophosphamide, and platinum compounds for advanced thymic carcinoma.

    1.02
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    On sait que les carcinomes thymiques sont relativement sensibles à la chimiothérapie mais on manque de données concernant ces traitements du fait de la rareté de ces tumeurs.

    L’étude rétrospective monocentrique japonaise rapportée ici  porte sur 34 patients atteints d’un carcinome thymiques non résécables et traités par doxorubicine (40 mg/m2, à J1), vincristine (0,6 mg/m2, à J3), cyclophosphamide (700 mg/m2, à J1), et cisplatine (50 mg/m2, à J1).

    Cinq patients du fait d’insuffisance rénale ont reçu du carboplatine à la place du cisplatine.

    Les résultats ont été les suivants :

     

    Nombre (%)

    Survie médiane

    (mois)

    Total

    34

    21,3

    Réponses complètes

    0

     

    Réponses partielles

    17 (50)

    25,3

    Stabilité

    13 (38,2)

    37,2

    Progression

    4 (11,8)

    8,1

    Neutropénies grade 3

    12 (35,2)

     

    Neutropénies grade 4

    14 (41,1)

     

    Neutropénies fébriles

    4 (11,8)

     

    Certes il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique, mais il n’est pas certain qu’on puisse disposer un jour de phases III prospectives pour cette tumeur rare. En attendant, il nous semble que cette chimiothérapie puisse  faire partie des associations à proposer. 

    Thematique: Tumeurs thymiques

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