Vous êtes ici

Traitement des stades III

  • Surveiller après une radiothérapie stéréotaxique : attention à la TEP-FDG !

    1.02
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    Il est souvent difficile de suivre des images après une radiothérapie stéréotaxique mais on considère en  général que la TEP-FDG  permet, mieux que le scanner, d’apprécier la réponse.

    L’observation rapportée dans ce court article est celle d’un homme de 65 ans qui présente un adénocarcinome du lobe inférieur gauche avec une extension médiastinale homolatérale (stade IIIA). Il est décidé de le traiter par radiochimiothérapie et radiothérapie stéréotaxique sur la tumeur.  Il reçoit donc sur le médiastin 66 grays en 33 fractions et sur la tumeur primitive une radiothérapie stéréotaxique de 5O grays en 5 fractions. 

    Quatre mois plus tard, une TEP-FDG  montre une disparition de l’activité subcarénaire mais une augmentation de taille et de SUV de la masse du lobe inférieur gauche.

    Il est alors proposé d’effectuer une lobectomie inférieure gauche et un curage ganglionnaire. L’examen anatomopathologique de la pièce opératoire  n’observe aucun tissu tumoral résiduel mais uniquement des images de pneumopathie organisée.

    Cette intéressante observation montre bien combien les images du TEP-FDG observées dans les mois qui suivent une radiothérapie stéréotaxique  doivent être analysées avec prudence : l’apparition ou la majoration d’images est fréquente puisque les auteurs nous disent que chez 50 % des patients apparaissent des images de condensation ou de verre dépoli dans les six mois qui suivent une radiothérapie stéréotaxique.

  • Une immunothérapie augmenterait de 50% la médiane de survie des patients atteintes de CBNPC de stade III traités par RTCT concomitante.

    3
    Revue: Lancet oncology

    Le Tecemotide (L-BLP25) est une immunothétapie spécifique d’une glycoprotéine surexprimée dans le cancer bronchique non à petites cellules MUC1 (/prev-em-onco/3235). Dans une étude de phase 2 ou ce traitement avait été utilisé en maintenance chez des patients répondeurs ou stables atteints de cancer bronchique non à petites cellules  de stades IIIB ou IV, un potentiel bénéfice dans les stades IIIB avait été rapporté.

    L’étude de phase 3 internationale à promotion industrielle publiée ici a donc été conçue dans la suite de ces résultats préliminaires.

    Pour être éligibles, les patients devaient avoir un cancer bronchique non à petites cellules de stade III,  jugé non résécable,  avec un PS de 0 ou 1. Lors de la randomisation ils devaient avoir reçu une radiochimiothérapie avec au moins 50 Grays et au moins deux cycles d’une chimiothérapie à base de platine (chimioradiothérapie concomitante ou séquentielle).

    Les patients étaient randomisés sur un mode 2/1 pur recevoir soit le Tecemotide soit un placebo. Avec un rationnel issu du cancer du sein, les patients inclus dans le bras Tecemotide recevaient avant 300 mg/m2 de cyclophosphamide. Ils recevaient ensuite huit injections hebdomadaires sous-cutanées consécutives de Tecemotide.

    L’objectif principal était la survie globale.

    De 2007 à 2011, 1513 patients ont été inclus venant de 264 centres dans 33 pays. En mars 2010, les essais cliniques concernant le Tecemotide  ont été interrompus du fait de la survenue d’un cas d’encéphalite observé dans un essai de phase 2 de traitement du myélome et les données de surveillance ont été modifiées tandis que les 274 patients inclus durant les 6 mois avant la suspension de l’étude ont été exclus de l’analyse. Au total ce sont donc les résultats 1239 patients qui ont été étudiés en intention de traiter.

    La durée médiane de survie était dans le bras expérimental de 25,6 mois et de 22,3 mois dans le bras contrôle. Cette différence n’était pas significative.

    Elle l’était en revanche chez les patients qui avaient reçu une chimioradiothérapie concomitante : 30,8 vs 20,6 mois (HR=0,78 [95% CI 0,64–0,95], p=0,016. En revanche, elle ne l’était pas chez les patients qui avaient reçu un traitement séquentiel.

    Les effets adverses et les SAE des deux groupes ne différaient pas.

    Bien que les survies des patients des deux groupes ne différaient pas significativement le bénéfice important et significatif observé chez les patients qui avaient reçu une chimioradiothérapie concomitante dans une analyse qui était prévue à l’avance a conduit à la planification d’une nouvelle étude, cette fois uniquement réservée aux patients ayant eu une radiochimiothérapie concomitante.

  • Radiothérapie exclusive pour les cancers bronchiques non à petites cellules de stade III des patients de plus de 65 ans ?

    0
    Revue: Lung Cancer

    On sait combien le traitement des cancers de stade III des sujets âgés est hétérogène et l’un des articles que nous avions cité l’avait bien montré (/prev-em-onco/3352 ).

    L’étude que nous commentons ici a été conduite à partir de la SEER database et porte sur l’ensemble des patients de ce registre qui ont un cancer bronchique non à petites cellules de stade III et ont plus de 65 ans, ce qui pour les auteurs, comme pour beaucoup d’auteurs américains, définit une population âgée. Cette population compte 10 376 patients.

    Parmi ceux-ci, 6468 ont été traités par radiothérapie exclusive. On ignore pourquoi cette radiothérapie était exclusive, notamment pour les 25 % d’entre eux qui avaient moins de 70 ans et pour les 34% qui avaient de 70 à 75 ans.

    Pour savoir si ce traitement est efficace, les auteurs comparent ces malades traités par radiothérapie exclusive à ceux qui n’ont pas été traités : leur survie médiane est de 9 mois, celle des non traités de 7 ; cette différence est significative, et les auteurs concluent que la radiothérapie exclusive prolonge la survie.

    Cela, seule une étude randomisée pourrait l’affirmer.

    On aurait pour notre part tendance à penser que la radiochimiothérapie est après 65 ans et au moins jusqu’à 75 ans de standard de traitement des patients qui présentent un cancer bronchique non à petites cellules de stade III non réséquable à condition que leur état général le permette. En tout cas, une étude prospective randomisée de phase III, commentés sur ce site l’an dernier,  l’avait clairement démontré (/prev-em-onco/3016).

  • Impact sur le pronostic de l’amaigrissement observé pendant la radiochimiothérapie

    1.02
    Revue: International Journal of Radiation Oncology • Biology • Physics

    Tous les médecins qui prennent en charge les patients traités par  radiochimiothérapie pour un cancer bronchique non à petites cellules de stade IIIB  ont été confrontés au problème que pose fréquemment l’amaigrissement chez ces malades. Ils ont souvent la notion intuitive que ces importants amaigrissements sont prévisibles d’une évolution péjorative. Qu’en est-il exactement ?

    Pour répondre à cette question les auteurs de ce travail rétrospectif ont partagé les malades en 3 groupes en fonction du changement du BMI à la fin du traitement par rapport au BMI initial :

    • groupe 1 : amaigrissement défini par une chute du BMI de plus de 0,5 kg/m2,
    • groupe 2 : stable défini par un BMI variant en plus ou en moins que de  moins de 0,5 kg/m2,
    • groupe 3 : gain de BMI de plus de 0,5 kg/m2.

    Les 425 dossiers éligibles pour cette étude ont été an analysés.

    Le groupe 1 (n = 252 patients) a été comparé aux 173 (89 et 84) patients des 2 autres groupes.

    Les réponses et les taux de contrôle local ou métastatique étaient significativement meilleurs pour les patients dont le poids était stable ou augmenté que pour ceux chez les quels il était diminué.

    La médiane de survie, la PFS globale et la PFS loco-régionale ou métastatique des patients sans amaigrissements (groupes 2 et 3) étaient significativement supérieures à celles des patients du groupe 1. A titre d’exemple, 42,3% des patients des groupes 2 et 3 étaient vivants à 3 ans alors qu’aucun du groupa 1 ne l’était.

    Enfin en analyse multivariée, seuls le stade T et l’amaigrissement étaient pronostiques.

    Cette étude parce qu’elle est rétrospective et monocentrique doit être interprétée avec prudence. Néanmoins le fait qu’elle porte sur un très grand nombre de malades plaide pour que ses conclusions soient retenues et que la surveillance du poids soit attentivement effectuée pendant toute l’administration de la radiochimiothérapie des cancers de stade III.  

  • La TEP-FDG a-t-elle une valeur pronostique dans les cbnpc de stade III traités par chimioradiothérapie ?

    1.02
    Revue: Journal of Clinical Oncology

    Lorsqu’un patient, présentant un cancer bronchique non à petites cellules de stade III, a reçu une chimioradiothérapie, il est particulièrement difficile de prédire sa survie, d’autant que l’imagerie classique distingue difficilement une tumeur résiduelle d’un bloc de fibrose. Il était donc logique de penser que la tomographie par émission de positons au FDG (TEP-FDG) permettrait de mieux déterminer le pronostic.

    Cette étude prospective multicentrique, sponsorisée par le NCI, a été conduite conjointement par l’ACRIN et le RTOG pour définir la valeur pronostique d’une TEP-FDG réalisée entre 12 et 16 semaines après la fin de la radiothérapie et au moins 4 semaines après la fin de la chimiothérapie adjuvante s’il y en a eu.

    La TEP-FDG était interprétée qualitativement et quantativement  selon des règles pré-établies par les spécialistes du centre où elle était effectuée et comparée à l’examen initial. Une relecture centralisée des TEP-FDG effectués avant et après traitement par des experts de l’ACRIN a été effectuée.

    Les objectifs de cette étude étaient de mesurer la relation entre les variations de  SUV[1] et la survie. La relation entre la SUVmax[2] mesurée sur la TEP-FDG réalisée après le traitement et la survie globale constituait un objectif secondaire.  L’objectif principal était de déterminer la relation entre la SUVpeak[3]  sur ce même examen et la survie globale.

     

    Résultats

    En 4 ans, 37 centres ont inclus 250 malades. Parmi ceux-ci 173 avaient les critères d’éligibilité nécessaires pour rentrer dans l’étude.   

    La SUV initiale, qu’il s’agisse de la SUVmax ou de la SUVpeak, n’avait aucune valeur pronostique.

    En ce qui concerne la SUV post thérapeutique, le taux de survie à 2 ans des malades qui avaient une SUVpeak ≤3,5 était de 51%. Il était de 47% chez ceux qui avaient une SUVpeak supérieure à 3,5. Cette différence n’était pas significative.

    En revanche quand la SUVpeak était analysée comme une variable continue, elle devenait significativement associée à la survie.

    Lorsque la SUVpeak mesurée sur l’examen effectué après le traitement était analysée comme une variable continue,  en relecture centralisée cette fois, elle était un peu plus étroitement liée à la survie.

    En prenant 5 comme autre valeur seuil de la SUVpeak mesurée après le traitement, une association significative a été trouvée aussi bien pour les mesures effectuées localement que de manière centralisée : ainsi, en relecture centralisée, la survie à 2 ans :

    -       était de 53% pour les patients dont la SUV était ≤5,

    -       et seulement de 38% pour les patients chez les quels elle était >5 (p=0,001)

    Les résultats étaient les mêmes quand la SUVmax était utilisée.

    La réduction de SUV entre la TEP-FDG initiale et celle réalisée après le traitement n’était pas significativement pronostique.

     

    Cette étude est intéressante parce qu’elle est la plus importante concernant la valeur pronostique de la TEP-FDG chez les patients traités par chimioradiothérapie pour un cancer bronchique non à petites cellules de stade III. Reste à savoir quelle en est l’utilité pratique. Nous avons posé cette question à Fabien Vaylet qui est très certainement celui qui, en France, a le plus travaillé dans ce domaine.

     

    [1] La SUV quantifie la fixation du FDG.

    [2] La variation maximale de SUV (SUV max) est affectée par le bruit de fond, ce qui introduit un facteur d’incertitude.

    [3] La pic de SUV mesure la valeur du SUV (SUV peak) dans une petite région dans la quelle la fixation tumorale est particulièrement élevée. 


    L’étude rapportée est effectivement intéressante, car c’est la première, sauf omission, qui analyse ce critère de SUV post thérapeutique après une radio-chimiothérapie sur un grand nombre de patients et dans un cadre multicentrique.

    Mais il faut faire les remarques suivantes :

    -        Seulement 173 patients sur les 226 initialement inclus  et sur les 250 préenregistrés ont été analysés en TEP post thérapeutique pour de multiples raisons (dont seulement 26 morts pendant la phase de traitement.

    -        L’étude n‘est positive que si l’on analyse le SUV comme valeur continue et non comme une valeur bornée. Le critère retenu est la survie globale à 2ans et pas la survie sans progression qui aurait paru plus logique pour analyser l’efficacité du traitement, l’analyse se faisant entre 12 et 16 semaines après la fin de celui-ci.

    -        Il faut s’étonner que dans cette étude la valeur pronostique du SUV pré traitement n’apparait pas significative à la différence de la plupart des études analysant ce critère, analysées récemment en une méta analyse.

    -        Il faut noter que les auteurs ne rapportent pas l’efficacité du traitement par la mesure du ratio SUV pré /SUV post traitement qui est souvent analysé et considéré comme un argument de réponse aux thérapeutiques.

    -        Le délai de 12 à 16 semaines post traitement retenu comme période d’analyse apparait précoce et ne semble pas avoir été respecté ; et on ne peut pas ne pas penser aux phénomènes de pneumonie radique qui peut impacter la mesure du SUV en lien avec les lésions inflammatoires induites. Il n’y a pas eu de vérification des potentiels faux positifs.

    -        Il faut noter la grande disparité des traitements administrés tant en terme de drogues de chimiothérapie, que de doses de radiothérapie.

    -        Comme toutes ces études, l’analyse bute sur premièrement la nature même du FDG marqueur de l’inflammation et non du cancer (l’avenir serait à l’utilisation de la F-Thymidine ou du F-Fluoromidazole) et deuxièmement sur la notion de SUV planaire et non volumique qui serait plus fiable  dans l’analyse des réponses aux traitements.

     

    A confirmer par d’autres études protocolisées avant d’en faire une pratique quotidienne…

     

    Docteur Fabien Vaylet

    Chef du Service des Maladies Respiratoires

    HIA Percy

    101 avenue Henri Barbusse 92141 Clamart

    Étiquette:
  • Dans un essai européen de phase II, le quart des patients atteints de cancer de stade III sont vivants à 10 ans.

    1.02
    Revue: Lung Cancer

    Les données de survie concernant les cancers bronchiques non à petites cellules de stade III qui sont disponibles se limitent en général à 5 ans et on ne dispose que de très peu de résultats concernant la survie à long terme.

    Les données qui sont rapportées ici proviennent d’un essai allemand et français de phase 2 qui s’était intéressé à des patients atteints de cancers bronchiques non à petites cellules de stade III inopérables explorés par médiastinoscopie et qui étaient traités avec cisplatine et paclitaxel et une radiothérapie conformationnelle, éventuellement suivie de chirurgie.

    Le traitement d’induction comportait 3 cycles de cisplatine (50 mg, J1 et J8 toutes les 3 semaines et paclitaxel, à la dose e 175 mg tous les 21 jours.

    Si les patients étaient répondeurs ou stables, ils recevaient alors une radiochimiothérapie comportant  du cisplatine à 50 mg/m2 à J2 et 9 et de l’etoposide à 100 mg/m2 de J4 à J6 associés à une radiothérapie à la dose de 45 Gy en bifractionné (2 X 1,5Gy). 

    Après cette séquence, s’ils étaient inopérables la radiothérapie était complétée jusqu’à 65 Gy. S’ils étaient opérables, ils étaient opérés.

    Soixante quatre patients sur 4 sites ont été inclus entre 1999 et 2002. Après l’induction, 58 ont reçu la radiochimiothérapie jusqu’à 45 Gy.

    Ensuite,

    • 36 ont été jugés résécables et 32 ont eu une résection complète. Parmi ceux ci, 16 étaient T0-N0.
    • et 22 ont été jugés non résécables et 16 ont pu recevoir le complément de radiothérapie prévu.

    La médianà long teme e de survie de l’ensemble des patients était de 25 mois. Les taux de survie étaient les suivants :

     

    Ensemble

    IIIA-N2

    IIIB

    Survie à 5 ans (%)

    30,2

    37,1

    26,2

    Survie à 10 ans (%)

    26

    37,1

    17,9

    Parmi de nombreux facteurs pré-opératoire possiblement pronostiques, seulement 4 l’étaient en analyse univariée : l’âge, l’anatomopathologie (les épidermoïdes avaient une meilleure survie), le score de comorbidité et le BMI. Le nombre de malades ne permettait pas la réalisation d’une analyse multivariée.

     Les patients avec une résection complète et particulièrement ceux qui étaient en réponse complète avaient une survie exceptionnellement longue :

    Le taux de survie à 10 ans des patients R0 était de 40,6% vs 10% (p=0,0016). Celui des patients en réponse complète histologique de 53 vs 15,2% p=0028).

    Quinze patients ont eu une radiothérapie cérébrale prophylactique : aucun bénéfice n’a été observé (16,7 vs 27,1%, p = 0,5).

    Ces chiffres de survie élevée à 10 ans n’ont jamais à notre connaissance été rapportés. Certes, il s’agit probablement de patients très sélectionnés, mais tous ont reçu  une preuve histologique de leur extension ganglionnaire médiastinale. Cet essai de phase II, dont les résultats sont particulièrement intéressants, sert de bras expérimental à un essai de phase III qui est actuellement en cours et dans lequel les patients opérables sont randomisés entre chirurgie et radiochimiothérapie. Plus de 200 patients ont déjà été inclus. La radiochimiothérapie pré-opératoire des cancers bronchiques non à petites cellules de stade III a encore un avenir devant elle.

  • Chimioradiothérapie avec pemetrexed et cisplatine ou carboplatine.

    1.02
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    Cet essai de phase I-II s’est déroulé en 2 périodes :

    -       une étude de phase I destinée à définir la dose maxima tolérée de pemetrexed et de cisplatine ou carboplatine associée à la radiothérapie dont les résultats ont été publiés en 2010 (Heinzerling JH et al, J Thorac Oncol. 2010; 5 : 1391–1396, cet article est en accès libre).

    -       Et une étude de phase 2 qui fait l’objet de cette publication.

    Le schéma de cette étude ayant été conçu  avant la restriction d’AMM du pemetrexed aux non-épidermoïdes celle-ci a inclus au début des cancers épidermoïdes. Cet essai a reçu une partie de son financement de l’industrie.

    Les patients devaient avoir un cancer bronchique non à petites cellules de stade IIIA ou IIIB avec un PS de 0 ou 1, ils ne devaient pas avoir maigri de plus de 10%.

    Cet essai randomisé multicentrique comparait deux bras de traitement  (1/1) :

    -       pemetrexed 500mg/m2 et carboplatine AUC 5 à J1,

    -       ou pemetrexed 500 mg/m2 et cisplatine 75 mg/m2 à J1

    -       Ces cycles étaient administrés tous les 21 jours associés à une radiothérapie à la dose de 2Gy/jour, 5 jours/semaine, jusqu’à 64 à 68Gy.

    -       Une chimiothérapie de consolidation par 3 cycles de la même chimiothérapie était ensuite administrée.

    En deux ans, 98 patients ont été inclus dans 17 centres, 46 dans le bras carboplatine et 52 dans le bras cisplatine.

    Les résultats ont été les suivants :

    Carboplatine

    Cisplatine

    Réponse complète (%)

    6,5

    3,8

    Réponse partielle (%)

    45,7

    42,3

    TTP médian (mois)

    8,8

    13,1

    Survie globale médiane (mois)

    18,7

    27

    Survie à 2 ans de l’ensemble (%)

    45,4

    58,4

    Survie à 2 ans de s non épidermoïdes  (%)

    48

    55,8

    Parmi les patients du bras carboplatine, 91,3% ont reçu la totalité de la chimioradiothérapie et 82,6% le traitement de consolidation. Pour les patients du bras cisplatine c’était seulement 76,9% et 67,3%.

    Les toxicités sont résumées ci-dessous :

    Carboplatine

    Cisplatine

    Possible effet secondaire (%)

    6,5

    3,8

    Possible effêt secondaire  de grade 3 ou 4 (%)

    45,7

    42,3

     

    SAE en relation avec le traitement survenant dans plus de 3% des cas :

    Nausées (%)

    6,5

     

    Vomissements (%)

    6,5

    3,8

    Déshydratation (%)

    6,5

    7,7

    Anémie (%)

    4,3

     

    Thrombopénies (%)

    4,3

     

    Dysphagie (%)

    4,3

     

    Oesophagite (%)

    4,3

    3,8

    Hypotension  (%)

     

    5,8

    Hospitalisations (%)

    30,4

    28,8

    Décès pendant l’étude (%)

    2,2

    7,7

    Possibles décès toxiques (%)

     

    (3,8)

    Les effectifs de cette étude sont insuffisants pour comparer les deux traitements par cisplatine ou carboplatine. Tous deux sont efficaces, tous deux ont une toxicité acceptable.

    Les bons chiffres de survie à 2 ans à 45 et 58%, supérieurs à ceux obtenus dans beaucoup d’études historiques utilisant des chimiothérapies plus anciennes, ne peuvent laisser indifférent.

    Néanmoins, tant que la supériorité des radiothérapies avec platine et pemetrexed sur des associations classiques n’est pas clairement démontrée en phase 3, cette association ne peut être considérée comme le standard actuel de la chimioradiothérapie. En effet, les comparaisons avec des séries historiques seraient hasardeuses car, s’il est certain que les chiffres de survie sont nettement supérieurs, cette amélioration peut bien sûr être liée au choix de la chimiothérapie, mais elle peut aussi être en relation avec l’amélioration de la radiothérapie ou même à un effet Will-Rogers lié à une meilleure sélection des patients. 

    Étiquette:
  • Cetuximab et radiothérapie : une étude de étude de phase 2

    1.02
    Revue: Lung Cancer

    Cette étude américaine multicentrique est à  promotion institutionnelle (University of Pittsburgh), soutenue par l’industrie.  

    Cette étude de phase 2 pose la question de l’efficacité du cetuximab en association avec une radiothérapie exclusive. Son objectif principal a semble-t-il changé en cours de route : en effet, sur clinicaltrials.gov il est mentionné que  c’est la réponse, dans l’article c’était la survie globale.

    Le traitement associait :

    -       une radiothérapie à la dose de 73,5 Gy en 35 fractions et 6 semaines,

    -       du cetuximab administré pendant la radiothérapie toutes les semaines. La première dose était de 400 mg/m2 suivi de 250 mg/m2.

    -       Un traitement de consolidation par 3 cycles carboplatine (AUC6) et paclitaxel (200 mg/m2), le cetuximab étant poursuivi.

    Quarante patients ont été inclus de 2007 à 2010. Deux étaient inéligibles. De plus, 6 étaient inévaluables pour la réponse. Trente sept ont reçu au moins une dose de cetuximab, 31 (84%) ont reçu la radiothérapie et le cetuximab et 23 ont reçu au moins un cycle de consolidation.

    Peu de toxicités ont été observées. Il n’y a notamment pas eu d’oesophagite de grade 3 ou grade 4. En revanche un patient est décédé d’une pneumopathie possiblement radique.

    En intention de traiter les taux de réponse complète, réponse partielle et stabilité à la fin du traitement de consolidation étaient de 10, 37 et 5%.

    Avec un suivi médian court de 17 mois seulement, la PFS médiane était de 9,3 mois  avec un taux estimé à 1 an de 30%. La survie globale médiane était de 19,4 mois et la probabilité de survie à 1an de 64%.

    Le statut EGFR évalué par FISH n’était corrélé, ni avec la PFS ni avec la survie globale

    Cette étude montre chez un petit nombre de patients que l’association du cetuximab à la radiothérapie est possible sans toxicité excessive. Elle n’emporte pas en revanche la conviction sur l’utilité de l’association du cetuximab à la seule radiothérapie. Plusieurs études évaluent actuellement l’association du cetuximab à une chimioradiothérapie. C’est le cas en France de l’étude de l’IFCT 0803 ouverte en janvier 2010 et dont le recrutement va s’achever très prochainement (http://www.ifct.fr/). Aux Etats Unis, les résultats d’une grande étude randomisée de phase 3 du RTOG sont attendus. Elle compare chez 500 malades atteints de cancer bronchique non à petites cellules de stade 3 des doses standard de radiothérapie (60 Gy) à des doses élevées (74 Gy) associées à une chimiothérapie concomitante et de consolidation par Carboplatin/Paclitaxel +/- Cetuximab. Des premiers résultats devraient être connus en 2014. 

  • Faut-il faire une chimiothérapie de consolidation après chimioradiothérapie ?

    2.01
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    Cette analyse systématique de la littérature pose la question de la réalisation d’une chimiothérapie après chimioradiothérapie des cancers bronchiques non à petites cellules avancés.

    Quarante et une études ont été identifiées, 7 études de phase 3 et 34 études de phase 2, dans les quelles au total 1707 patients ont été inclus.  Cette étude n’a pas porté sur les données individuelles mais sur les médianes de survie de chaque bras. Aucune différence ne concernait les patients ni les modalités thérapeutiques. Aucune différence de survie médiane ou de survie à 1, 2 et 3 ans n’a non plus pu être mise en évidence (tableau ci-dessous).

     

    CT adjuvante

    Pas de CT adjuvante

    Médiane de survie (mois)

    19

    17,9

    Survie à un 1 an (%)

    64,6

    62,9

    Survie à un 2 ans (%)

    41,8

    39,5

    Survie à un 3 ans (%)

    27

    24,8

    De plus, aucune différence de toxicité de grade 3-5 n’a été observée. 

     

  • Prévoir l’atteint N2 chez les patients dont les ganglions médiastinaux ne fixent pas.

    0
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    Un nombre non négligeable de patients ont des ganglions médiastinaux envahis sans que ceux-ci fixent le FDG. Le but de cette étude est d’en rechercher les facteurs prédictifs.

    Cette étude a été menée sur une cohorte rétrospective de patients opérés entre 2004 et 2009 au  Memorial Sloan-Kettering Cancer Center.

    Les patients qui n’ont pas eu de TEP-FDG, qui avec une fixation évidente à la TEP, ou qui avaient une tumeur T3 ou T4, ou qui avaient reçu un traitement pré-opératoire ont été exclus.

    Cette cohorte a été divisée entre un modèle prédictif (n=625) destiné à calculer la prédictivité d’éventuels facteurs de risque et une cohorte de validation (n=313).

    En analyse univariée, quatre facteurs la taille de la tumeur, le caractère pathologique ou non des ganglions N1 et N2 au scanner, la SUV de la tumeur primitive et la fixation N1 étaient prédictifs d’atteinte ganglionnaire N2. Deux autres facteurs étudiés, le caractère central ou périphérique et l’histologie initiale n’apparaissaient pas comme significatifs. Curieusement en analyse multivariée seule la fixation N1 au TEP-FDG était associée avec le caractère pN2.

    Les auteurs à partir de ces données on construit plusieurs modèles secondairement soumis à validation : c’est finalement le modèle prenant en compte les 6 facteurs classiques cités plus haut qui a les meilleures performances.

    Cette étude peut servir de base à de futurs essais prospectifs. Dans l’état actuel des choses, elle ne permet en rien de modifier les pratiques et d’orienter la discussion chirurgicale. Il est en effet possible que ces patients pN2, qui n’ont pas de fixation ganglionnaire médiastinale du FDG,  ont des ganglions peu évolutifs et tirent de ce fait davantage profit que d’autres de la chirurgie.

Pages