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Traitement des stades III

  • Faut-il traiter les CBNPC N2 opérables par une chimiothérapie et une radiothérapie pré-opératoires ?

    2.01
    Revue: Lancet

    Pour les cancers bronchiques non à petites cellules de stade III-N2 deux possibilités thérapeutiques nous sont offertes, soit une chimioradiothérapie concomitante, soit dans les formes résécables une chimiothérapie ou une chimioradiothérapie d’induction suivies d’une chirurgie (/prev-em-onco/3313, /prev-em-onco/4004).

    Le SAKK, groupe coopérateur suisse, avait rapporté des résultats encourageants avec l’association néoadjuvante de cisplatine et docetaxel on montrant que cette chimiothérapie était capable d’entrainer des taux élevés de « downstaging » et de réponses complètes tous deux corrélés avec de longues survies.

    Pour accroitre encore ces taux de réduction tumorale et de résection complète, il est logique de s’intéresser aux techniques associant  chimiothérapie et radiothérapie pré-opératoires.

    A cette étude de phase III, prospective et multicentrique, ont collaboré 23 centres suisses, allemands et serbes. Ils ont inclus 232 patients en 11 ans. 

    Les patients pour être éligible devaient avoir un cancer bronchique non à petites cellules de stade IIIA/N2 prouvé par médiastinoscopie, échoendoscopie ou ponction ganglionnaire endoscopique. Ils étaient randomisés en :

    -       chimiothérapie par 3 cycles de cisplatine 100 mg et docetaxel 85 mg toutes les 3 semaines avec GCSF.  

    -       Ou ce même traitement associé à une radiothérapie de 44Gy et 22 séances.

    La chirurgie était prévue 21 jours après le dernier cycle de chimiothérapie dans le bras chimiothérapie et 21 à 28 jours dans le bras chimio et radiothérapie.

    L’objectif principal était la survie sans événement (rechute, progression, second cancer ou décès) avec des paris statistiques qui ont été modifiés au cours de l’étude, d’abord une augmentation de 10 mois, puis un passage de 12 mois dans le bras chimiothérapie à 18 mois dans le bras chimio et radiothérapie.

    Les objectifs secondaires étaient la survie globale, l’opérabilité, la mortalité post-opératoire à 30 jours, les effets toxiques, les taux de résections complètes, le taux de réponses complètes et partielles, le site de rechute, la valeur prédictive et pronostique de la TEP-FDG et une étude coût/efficacité.

    En 11 ans, 232 patients ont été inclus. L’essai a été interrompu à la troisième analyse intermédiaire à 134 événements. Les caractéristiques des patients des deux bras étaient comparables.

    Au total, 90% des patients du bras chimiothérapie et 92% de ceux du bras chimio et radiothérapie ont terminé leurs 3 cycles de traitement, quoique les effets adverses des traitements soient observés chez la plupart des patients.

    La durée de survie sans événement était de 12,8 mois dans le bras chimio et radiothérapie et 11,6 dans le bras chimiothérapie. La durée médiane de survie globale était de 37,1 mois dans le bras chimio et radiothérapie et 26,2 mois des le bras chimiothérapie. Ces différences n'étaient pas significatives.

    Dans le bras chimio et radiothérapie et chimiothérapie, on observait respectivement :

    -       des taux de réponse de 61% et 51%,

    -       des taux de résections complètes (R0) de 91 et 81%,

    -       des taux de pRC (réponse complète pathologique) de 16 et 12%.

    Cette importante étude de phase III  confirme donc, comme l’ont montré plusieurs études de phase II, dont l’étude l’IFCT 0101 (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19879013) quil est faisable.  d'associer en préopératoire une chimiothérapie à une radiothérapie. Elle ne parvient malheureusement pas à démontrer que la radiothérapie ajoutée à la chimiothérapie donne de meilleurs résultats que la seule chimiothérapie.

  • Chirurgie des N2 : la question reste sans réponse.

    1.02
    Revue: Thorax

    Les recommandations de l’ACCP en 2013 (/prev-em-onco/3313) et celles de l’ESMO tout récemment (/prev-em-onco/4004)  proposent deux options pour les cancers bronchiques non à petites cellules potentiellement résécables, soit la chimiothérapie néoadjuvante ou la chimioradiothérapie néoadjuvante suivies de la chirurgie, soit la chimioradiothérapie. Toutefois, le rôle que doit jouer la chirurgie dans  le traitement des cancers bronchiques non à petites cellules de stade III, présentant une extension ganglionnaire N2, reste toujours l’objet de débats.

    Cette méta-analyse pose à nouveau cette question à partir de 5+1 études dont 5 ont été sélectionnées parmi 805 publications sur des critères précis.

    Les effectifs de ces 5 études, qui comptent en tout 868 malades sont composées essentiellement des études bien connues de Van Meerbeck qui compare chez des malades répondeurs à une chimiothérapie d’induction chirurgie (n=167) à radiothérapie (n=165) (en accès libre sur : http://jnci.oxfordjournals.org/content/99/6/442.long) et Albain qui compare chez des patients répondeurs ou stabilisés après chimioradiothérapie d’induction chirurgie (n=202) ou poursuite de la chimioradiothérapie (n=194) (en accès libre sur : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4407808/).

    Dans 4 essais, les patients recevaient une chimiothérapie d’induction et le HR des patients randomisés était de 1,01 (95% CI 0,82-1,23), p=0,95)

    Dans l’essai de Kathy Albain, les patients étaient randomisés après chimioradiothérapie. Il lui a été ajouté un sixième. Le HR était de ces 2 études était en faveur de la chirurgie sans atteindre la significativité à 0,87 (0,75-1,01; p=0,068).

    Pour l’ensemble des essais le HR était à 0,92 (0,81-1,03; p=0,157).

    Les auteurs concluent que la chirurgie est une option après chimiothérapie et qu’elle doit être considérée préférentiellement puisqu’elle augmente la survie après chimioradiothérapie.

    Retenir cette conclusion de cette étude nous paraît discutable pour plusieurs raisons ; 1) le HR est en faveur de la chirurgie chez les patients qui ont reçu une chimioradiothérapie , mais sans atteindre la significativité. 2) le groupe des patients qui ont reçu une chimioradiothérapie est essentiellement constitué de l’essai de Kathy Albain  qui n’avait pas réussi à montrer un avantage pour la chirurgie. 3) Aux patients de l’essai de Kathy Albain ont été ajoutés ceux d’une étude scandinave rapportée à l’ASCO qui ne faisait pas partie des 5 études initialement retenues. 4) Enfin ces malades sont probablement différents des malades actuels à la fois par les méthodes diagnostiques de N2 utilisées et par les gestes chirurgicaux réalisés (dans l’étude de Kathy Albain, le tiers des malades ont eu une pneumonectomie). 

    Le débat peut donc continuer et animer nos RCP. Il ne se terminera que lorsque seront publiés les résultats d’une grande étude de phase III dont la méthodologie sera indiscutable. La généralisation de l’échoendoscopie devrait la rendre maintenant possible.

  • La chimiothérapie de consolidation après chimioradiothérapie : une nouvelle étude de phase II

    1.02
    Revue: Journal of Clinical Oncology

    La chimioradiothérapie concomitante dont il a été  démontré que l’efficacité est supérieure à celle de la chimioradiothérapie séquentielle est devenue un standard pour le traitement des cancers bronchiques non à petites cellules de stade III non résécables (/prev-em-onco/3979, /prev-em-onco/3313, /prev-em-onco/4004). Il n’a pas été démontré que la chimiothérapie de consolidation améliore les résultats de la seule chimioradiothérapie et l’étude de phase III  multicentrique que nous commentons ici pose à nouveau ce problème avec un traitement de consolidation identique à celui reçu pendant la radiothérapie lors de l’induction.

    Les patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules de stade III non résécables recevaient :

    -       un traitement d’induction avec docetaxel 20 mg/m2 et cisplatine 20 mg/m2 à J1, 8, 15, 22, 29 et 36 en même temps qu’une radiothérapie, 5 jours par semaine, par 33 fractions de 2 Gy.

    -       Tous les patients non progressifs étaient ensuite randomisés  pour recevoir ou non 3 cycles de docetaxel 35 mg/m2 et cisplatine 35 mg/m2 à J1 et J8 de chaque cycle.

    L’objectif principal était une augmentation de survie sans progression  de 40% dans le bras expérimental.

    En 6 ans 437/459 patients de 31 centres ont été randomisés et 420 ont été inclus dans l’analyse finale. Les caractéristiques cliniques des patients des deux groupes étaient similaires.

    Parmi les 209 patients randomisés dans le bras maintenance Tous n’ont pas reçu la totalité du traitement qui était prévu et 66 patients n’ont reçu aucune chimiothérapie pour diverses raisons.

    Avec un suivi médian supérieur à 50 mois, aucune différence de survie sans progression  (HR = 0,91; 95% CI, 0,73-1,12; p=0,36) ou de survie globale (HR =  0,91; 95% CI, 0,72-1,25; p=0,44) n’a été constatée. La toxicité était en revanche légèrement augmentée des le bras expérimental.

    La chimioradiothérapie concomitante reste donc le traitement standard des cancers bronchiques non à petites cellules de stade III non résécables. La chimiothérapie de consolidation n’améliore pas, une fois encore, ces résultats. 

  • Nouvelles recommandations de l’ESMO pour les CBNPC de stade III

    2.01
    Revue: Annals of Oncology

    Un mois après les recommandations de l’ASCO, adaptées de celles de l’ASTRO (/prev-em-onco/3979), voici les recommandations de l’ESMO sur les cancers bronchiques non à petites cellules de stade III. C’est une importante conférence de consensus dont sont cosignataires deux françaises, Cécile le Péchoux et Virginie Westeel.

    Les scores d’évidence et les grades de recommandations utilisés,  adaptés de la Société américaine d’infectiologie, sont particulièrement précis. Ils sont reproduits dans un tableau 1 de l’article qui est en accès libre (http://annonc.oxfordjournals.org/).

    Après une introduction qui insiste sur l’hétérogénéité des cancers bronchiques non à petites cellules de stade III, les auteurs proposent de nombreuses recommandations dont les principales nous paraissent être les suivantes :

    1)   Il est recommandé de classer les cancers bronchiques non à petites cellules de stade III  en trois groupes  : résécables, potentiellement résécables, avec un risque accru de résection incomplète, et non résécables.

    2)Il est recommandé d’effectuer un scanner et un TEP-FDG chez tous les patients et de confirmer histologiquement les lésions uniques.

    3)   Les lésions médiastinales positives au TEP-FDG doivent être abordées histologiquement. Les lésions ne fixant pas le FDG doivent aussi être abordées par une exploration invasive du médiastin dans des circonstances précises mais qui sont fréquentes : lorsque la tumeur mesure plus de 3cm, lorsqu’elle est centrale, lorsqu’elle s’associe à une atteinte ganglionnaire cN1 ou lorsqu’au scanner le ganglionnaire mesure plus d’1cm dans son petit axe.

    4)   Une imagerie cérébrale, et préférentiellement une IRM, doit être systématiquement réalisée.

    5)   Les comorbidités qui jouent un rôle important dans la discussion bénéfice/risque doivent être listées.

    6) Dans les cancers pour lesquels l’atteinte N2 a été découverte à l’intervention, la chimiothérapie adjuvante est obligatoire et la radiothérapie adjuvante reste une option.

    7)    Comme pour les recommandations de l’ACCP en 2013 qui ne recommandait pas la chirurgie initiale suivi de chimiothérapie (/prev-em-onco/3313)  les options proposées aux cancers bronchiques non à petites cellules potentiellement résécables sont, avec un niveau de preuve élevé, soit la chimiothérapie néoadjuvante ou la chimioradiothérapie néoadjuvante suivies de la chirurgie, soit la chimioradiothérapie.

    8)   La chimioradiothérapie, comportant du platine associé à l’étoposide, à la vinorelbine ou au paclitaxel et une radiothérapie à 60-66 Gy en 30-33 fractions, est le traitement de choix des cancer bronchique non à petites cellules non résécables. La place de la radiothérapie prophylactique cérébrale  n’est pas démontrée.

    Beaucoup d’autres informations sur la technique chirurgicale, le suivi post-thérapeutique, l’arrêt du tabac etc complètent ces recommandations qui sont probablement les plus détaillées actuellement disponibles. Chacun doit les avoir à disposition sur son ordinateur. 

  • Des recommandations de l’ASCO, adaptées de celles de l’ASTRO, pour les cancers de stade III.

    1.02
    Revue: Journal of Clinical Oncology

    L’ASCO, à partir d’une relecture des recommandations de l’ASTRO sur le traitement des patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules de stade avancé non accessibles à la chirurgie, a fait des recommandations qui sont très proches de celles de l’ASTRO.

    1. La chimioradiothérapie concomitante est le standard de traitement de ces malades parce qu’elle augmente le taux de contrôle local de le taux de survie globale par rapport à la chimioradiothérapie séquentielle ou à la seule radiothérapie.  Si elle n’est pas possible, la chimioradiothérapie séquentielle doit être proposée. La radiothérapie exclusive doit être réservée aux malades qui ne peuvent pas recevoir de chimiothérapie.
    2. L’administration d’une chimiothérapie d’induction, avant une chimioradiothérapie concomitante, n ‘est pas justifiée.
    3. La chimiothérapie « de consolidation » après la chimioradiothérapie est une option possible pour les malades qui n’ont pas reçu de pleines doses de chimiothérapie.
    4. Il n’y a pas de chimiothérapie de référence à associer à la radiothérapie. Cisplatine/étoposide et carboplatine/paclitaxel sont les 2 traitements les plus utilisés.
    5. Une dose totale de 60Gy en fractions de 2Gy pendant 6 semaines est le standard. Aucun bénéfice n’est démontré avec des doses supérieures et un fractionnement conventionnel.
    6. La radiothérapie post-opératoire peut être administrée pour les cancers pN2 dont la résection est complète (R0). Elle doit dans ce cas être délivrée après la chimiothérapie adjuvante.     
    7. La radiothérapie post-opératoire est recommandée pour les cancers pN2 dont la résection est incomplète (R1 et R2). Elle doit dans ce cas être délivrée avec une  chimiothérapie séquentielle ou concomitante.
    8. Pour les patients qui ont un cancer de stade III résécable et qu’on décide d’opérer, les meilleurs candidats à un traitement préopératoire sont les patients de sexe féminin, ceux qui vont avoir une lobectomie, qui n’ont pas maigri et ceux qui ont seulement une chaine ganglionnaire envahie. 
  • Pemetrexed, cisplatine et radiothérapie : un essai international de phase II

    1.02
    Revue: Lung Cancer

    Cette étude ouverte de phase II internationale à promotion industrielle avait pour objectif principal d’évaluer l’efficacité dans les cancers non épidermoïdes de stade III non résécables d’une chimiothérapie d’induction associant cisplatine (75mg/m2)et pemetrexed (500 mg/m2) suivie, en cas de réponse ou de stabilisation, d’une radiothérapie (66Gy en fractions de 3  Gy de radiothérapie conformationelle tridimensionnelle) associée à cette même chimiothérapie administrée à pleine dose. Elle fait suite a une étude de phase I française coordonnée par Françoise Mornex et citée sur ce site en août 2013 (/prev-em-onco/3290 ).

    Le critère de jugement était la survie sans progression à un an. Il fallait 53 événements pour démontrer une augmentation de la survie sans progression  à un an de 45 à 60%.

    Sur 113 patients screenés, 90 étaient éligibles et ont commencé le traitement d’induction.

    L’âge médian était de 61 ans, il y avait 56% d’hommes, 7% de non fumeurs, leur PS était à 0 (65%) ou 1 et 90% avaient un adénocarcinome. Les deux tiers environ avaient un stade IIIB.

    Soixante quinze ont commencé une chimioradiothérapie et 64 (71%) ont terminé ce traitement.

    Le taux estimé de probabilité maximum de survie sans progression à un an de ces 90 patients éligibles (dont seulement 71% ont reçu la chimioradiothérapie) était de 51,3% et les taux de survie à 1 et 2 ans étaient de 71 et 54%.  L’objectif principal n’était donc pas atteint.

    La survie sans progression  et la survie médianes estimées étaient respectivement de 10,6 et 26,2 mois.

    Un patient est décédé  d’une entérite considérée comme liée au traitement. Quatre patients ont interrompu leur traitement du fait d’effets secondaires (insuffisance rénale, hypoacousie et œsophagite.

    Respectivement 19%  et 41% des patients ont eu, pendant l’induction et la chimioradiothérapie, une toxicité de grade 3 ou grade 4 (hématologique et œsophagite pendant la radiothérapie).

    L’association chimioradiothérapie avec une chimiothérapie par  pemetrexed et cisplatine est donc faisable comme l’avait déjà montré l’étude IFCT 0803 qui comportait également du cetuximab et dont les premiers résultats ont été présentés par Jean Trédaniel à l’ASCO 2014.

  • START : des résultats complémentaires

    2.01
    Revue: Annals of Oncology

    Le Tecemotide est une immunothétapie spécifique d’une glycoprotéine surexprimée dans le cancer bronchique non à petites cellules MUC1 (/prev-em-onco/3235). Nous commentions sur ce site il y a un peu plus d’un an les résultats d’une étude de phase 3 internationale menée chez des patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules de stade III,  jugé non résécable,  avec un PS de 0 ou 1 (/prev-em-onco/3513). Lors de la randomisation ils devaient avoir reçu une radiochimiothérapie avec au moins 50 Grays et au moins deux cycles d’une chimiothérapie à base de platine (chimioradiothérapie concomitante ou séquentielle).

    Les patients étaient randomisés sur un mode 2/1 pour recevoir soit le Tecemotide soit un placebo.

    De 2007 à 2011, 1513 patients ont été inclus venant de 264 centres dans 33 pays. En mars 2010, les essais cliniques concernant le Tecemotide  ont été interrompus du fait de la survenue d’un cas d’encéphalite observé dans un essai de phase 2 de traitement du myélome et les données de surveillance ont été modifiées tandis que les 274 patients inclus durant les 6 mois avant la suspension de l’étude ont été exclus de l’analyse. Au total ce sont donc les résultats de 1239 patients qui ont été étudiés en intention de traiter.

    La durée médiane de survie était dans le bras expérimental de 25,6 mois et de 22,3 mois dans le bras contrôle. Cette différence n’était pas significative.

    Elle l’était en revanche chez les patients qui avaient reçu une chimioradiothérapie concomitante : 30,8 vs 20,6 mois (HR=0,78 [95% CI 0,64–0,95], p=0,016. En revanche, elle ne l’était pas chez les patients qui avaient reçu un traitement séquentiel.

    L’article récent d’Annals of Oncology apporte deux groupes de données nouvelles :

    Les résultats sont confirmés avec un suivi plus prolongé.

    Avec une durée médiane de suivi de 58,7 et 57,3 mois, la durée médiane de survie était dans le bras expérimental de 25,8 mois et de 22,4 mois dans le bras contrôle. Cette différence n’était pas toujours pas significative.

    Elle l’était toutefois  chez les patients qui avaient reçu une chimioradiothérapie concomitante : 29,4 vs 20,8 mois. Il n’y avait en revanche toujours pas de différence pour les patients qui avaient reçu un traitement séquentiel.

    L’analyse de certains biomarqueurs a apporté des données nouvelles.

    L’analyse de 4 marqueurs susceptibles de jouer un rôle pronostique ou prédictif a été réalisée :

    -       la fraction soluble de MUC1, sMUC1 : elle a à la fois une valeur pronostique puisque dans le groupe placebo les patients dont les taux sont élevés ont un pronostic plus mauvais. Elle a aussi  une valeur prédictive : la prolongation significative de la survie dans le groupe expérimental n’est observée que dans le groupe des patients dont sMUC1 est élevé.

    -       Le taux d’anticorps anti DNA, qui a une valeur pronostique dans les cancers bronchiques non à petites cellules a ici aussi un rôle prédictif : ce n’est que dans le groupe ou les taux sont élevés que le tecemotide prolonge significativement la survie.

    -       Les lymphocytes et le rapport neutrophiles/lymphocytes n’ont pas d’effet significatif.

    Cette importante étude de phase III suggère l’existence d’un bénéfice de survie important apporté par le tecemotide pour les populations de patients caucasiens atteints de cancer bronchique non à petites cellules de stade III et qui ont reçu une chimioradiothérapie et avec des taux élevés de sMUC1 et d’anticorps anti DNA.

    Il est cependant difficile de prévoir ce que seront les conséquences de cette étude puisque le développement de ce médicament a été interrompu.

  • L’irradiation cérébrale préventive dans les cancers bronchiques non à petites cellules de stade III.

    2.01
    Revue: Annals of Oncology

    L’irradiation cérébrale prophylactique des patients atteints de cancers bronchiques non à petites cellules à risque élevé de métastases cérébrales diminue-t-elle le risque de métastases cérébrales et prolonge-t-elle la survie ? Il y a près de 35 ans que ce problème est régulièrement abordé dans la littérature : plusieurs études ont permis de répondre oui à la première question tandis que la réponse à la deuxième reste incertaine.

    L’étude publiée ici est une étude prospective, multicentrique et randomisée réalisée en Chine. Son objectif est de mesurer l’impact de l’irradiation cérébrale prophylactique sur la DFS de patients :

    -       opérés (résection complète) d’un cancer bronchique non à petites cellules de stade IIIA-N2,

    -       ayant reçu une chimiothérapie adjuvante,

    -       et à risque élevé de métastases cérébrales. La méthode de calcul est détaillée en annexe. Ce risque est calculé à partir d’un score défini par un modèle mathématique dans le quel sont pris en compte le nombre de ganglions métastatiques et l’histologie. De façon plus étonnante sont également pris en compte  l’évaluation chirurgicale (résection complète ou non), l, le stade IIIA ou IIIB, la chimiothérapie adjuvante alors que dans les facteurs d’inclusion et d’exclusion il était précisé que la résection devait être complète, que la chimiothérapie adjuvantes était obligatoire et que cette étude était réservée aux cancers de stade IIIA-N2.

    La radiothérapie, effectuée chez la moitié des malades randomisés, comprenait 30 Gy en 10 fractions.

    Au total, 156 patients ont été randomisés. Les résultats sont résumés sur le tableau ci-dessous :

     

    Radiothérapie

    Pas de radiothérapie

    p

    DFS médiane (mois)

    28,5

    21,2

    0,037

    DFS à 3 ans (%)

    42

    30

     

    DFS à 5 ans (%)

    26

    18

     

    Métastases cérébrales à 3 ans (%)

    14

    44

    <0,001

    Métastases cérébrales à 5 ans (%)

    20

    50

    Survie globale  médiane (mois)

    31,2

    27,4

    0,3

    Survie globale  à 3 ans (%)

    44

    39

     

    Survie globale  à 5 ans (%)

    27

    23

     

    La survie sans récidive était donc significativement améliorée et le nombre de métastases cérébrales significativement diminué par l’irradiation cérébrale prophylactique, sans que la survie globale ne soit significativement augmentée.

    Ces résultats ont été obtenus au prix d’une toxicité modérée (céphalées, fatigue, nausées et vomissements). La qualité de vie n’était pas significativement dégradée par l’irradiation cérébrale prophylactique.

    Parmi les études antérieures, l’étude RTOG 0214 est sans doute la plus connue (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21135270). Elle posait la même question mais pour des cancers bronchiques non à petites cellules de stade III non sélectionnés, comme l’a fait cette étude, sur un score de risque élevé de métastases cérébrales. C’est probablement le fait d’avoir individualisé des sujets à risque qui fait l’originalité de cette étude et qui peut expliquer sa positivité.

  • Quelle chimiothérapie associer à la radiothérapie dans les cancers bronchiques non à petites cellules de stade III ?

    1.02
    Revue: Journal of Clinical Oncology

    Curieusement on dispose d’assez peu de données sur la chimiothérapie qu’il faut associer à la radiothérapie dans les cancers bronchiques non à petites cellules de stade III.

    Pendant longtemps l’association cisplatine et étoposide a été la référence, remplacée souvent par un régime moins toxique, mais dont il n’est pas certain que l’activité soit la même, à base de carboplatine et paclitaxel hebdomadaire.

    A partir des données de 1842 patients de la Veterans Health Administration les auteurs de ce travail ont cherché à déterminer si la survie globale des malades de ce registre traités par ces deux chimiothérapies était identique. Chez 27% de ces malades, c’est l’association étoposide et platine  qui a été utilisée et chez les 73% autres, l’association carboplatine et paclitaxel.

    Les malades des 2 groupes n’étaient pas parfaitement identiques : ceux qui ont reçu l’association étoposide et platine  étaient plus jeunes, avaient moins maigri et avaient de meilleurs scores biologiques. Ils avaient également plus fréquemment un traitement de consolidation.

    Survie

    Dans une analyse non ajustée,  les patients qui recevaient l’association étoposide et cisplatine  avaient une meilleure survie (17,3 vs 14,6 mois) mais en analyse multivariée le type de chimiothérapie n’était pas indépendamment associé à la survie.

    Trois cent quatre vingt un patients traités par étoposide et platine  ont été appariés avec un nombre identique de patients recevant carboplatine et paclitaxel, aucun avantage de survie des patients traités par étoposide et platine  n’a été noté.

    Toxicité

    Les patients traités par étoposide et platine avaient une incidence d’effets adverses supérieure, plus de visites chez leur oncologue et aussi davantage d’hospitalisations. 

    Cette analyse rétrospective semble donc confirmer une notion généralement admise : l’association carboplatine et paclitaxel serait moins toxique et aussi efficace que l’association historique étoposide et platine. Il n’y a semble-t-il qu’une étude randomisée, qui d’ailleurs avait été analysée sur ce site en juillet 2012 (/prev-em-onco/3055) qui a posé cette question. Cette étude concluait à bénéfice de survie  de l’association étoposide et platine  mais il s’agissait d’une étude à très petits effectifs dans laquelle seulement 65 patients ont été randomisés. Seule une étude prospective multicentrique et randomisée à effectif suffisant pourrait répondre de façon définitive à cette question.   

  • Radiothérapie post-opératoire : encore une analyse de la National Cancer Data Base.

    1.02
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    Il est difficile de s’y retrouver dans les récentes analyses rétrospectives de la National Cancer Data Base qui concernent la radiothérapie post-opératoire des cancers bronchiques non à petites cellules de stades III-N2, puisque cet article est le troisième de ce type que nous analysons depuis janvier. Les trois études n’ont pas les mêmes critères d’inclusion et n’ont pas été menées exactement aux mêmes dates  mais toutes les trois arrivent aux mêmes conclusions comme le montre le tableau ci dessous :

    Premier auteur

    Corso CD

    Robinson CG

    Mikell JL

    Référence

    J Thorac Oncol  2015; 10 : 148–155

    J Clin Oncol 2015 [Epub ahead of print]

    J Thorac Oncol 2015; 10 : 462-71

    Stades

    II-IIIA

    III-N2

    III-N2

    Chimiothérapie adjuvante

    Oui ou non

    Oui

    Oui

    Dates de recueil

    1998-2006

    2006-2010

    2004-2006

    Traitement reçu

    RT

    Pas de RT

    p

    RT

    Pas de RT

    p

    RT

    Pas de RT

    p

    IIIA N2 (n)

    1660

    5319

     

    1850

    2633

     

    918

    1197

     

    Médiane de survie (mois)

     

     

     

    45,2

    40,9

    0,027

    42

    38

    0,048

    Survie à 3 ans (%)

     

     

     

    59,9

    55,7

     

     

     

    Survie à 5 ans (%)

    34,1

    27,8

    <0,001

    38,4

    34,6

    39,8

    34,7

     

    Comme dans l’article précédent, les auteurs soulignent que cette étude ne suffit pas pour répondre définitivement à la question. Cette réponse, seule l’étude en cours IFCT 0503 LungArt, que tous se doivent de proposer à leurs malades,  a la possibilité de l’apporter. C’est, comme pour l’article précédent, la conclusion des auteurs.

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