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Dépistage

  • Rapport coût efficacité du dépistage dans l’étude NLST

    2.01
    Revue: New England Journal of Medicine

    Voici dans ce numéro du New England, l’étude médico-économique réalisée à partir de l’étude NLST, qui était très attendue.

    Trois stratégies y sont comparées :

    • un dépistage par scanner faible dose,
    • un dépistage par radiographie standard
    • et pas de dépistage.

    Le coût  des 2 premières stratégies a été directement calculé à partir des données de l’essai NLST (/prev-em-onco/2164, /prev-em-onco/3326, /prev-em-onco/3409). Celui de l’absence de dépistage a été extrapolé à partir du coût du bras radiographie diminué du coût des radiographies et du suivi des faux positifs en se basant sur les résultats de l’étude PLCO (/prev-em-onco/2343) pour considérer qu’il n’y a ni bénéfice, ni surdiagnostic.

    Les coûts ont été exprimés en probabilité de survie ajustée à la qualité de vie (QALE) calculée à partir de la randomisation, la qualité de vie étant estimée à partir d’un groupe de sujets qui ont répondu à des enquêtes de qualité de vie.

    Les coûts par personne incluant les frais de transports et exprimés en dollars américains sont indiqués sur le tableau ci-dessous. Ils sont plus élevés dans le groupe scanner.

    Coût

    Scanner

    Radiographie

    Pas de dépistage

    Dépistage

    1130

    336

    0

    Suivi

    835

    645

    512

    Traitement

    Chirurgie

    736

    470

    470

    Chimiothérapie

    282

    351

    351

    Radiothérapie

    88

    110

    110

    Cancers radio-induits

    3

    0

    0

    TOTAL

    3074

    1911

    1443

    L’augmentation des coûts par année de vie gagnée et l’augmentation des coûts en année de vie ajustée à la qualité de vie sont indiquées sur le tableau ci-dessous.

     

    Augmentation coûts par personne

    Augmentation espérance de vie par personne

    Augmentation QALE

    Coût par année de vie gagnée

    Coût par QALE gagnée

    Scanner

    1 631

    0,03

    0,02

    52 000

    81 000

    Radiographie

    469

    0

    0

    NA

    NA

    Pas de dépistage

    -

    -

    -

    -

    -

    Les coûts estimés chez les anciens fumeurs étaient très supérieurs à ceux estimés chez les fumeurs (QUALY : 615 000 vs 43 000).

    A juste titre, les auteurs soulignent que ces coûts ont été estimés pour la réalisation du dépistage dans l’essai NLST. Il serait hasardeux de les extrapoler pour un dépistage effectué dans d’autres conditions.

  • Doit on proposer le dépistage en pratique ?

    1.02
    Revue: New England Journal of Medicine

    Une femme de 60 ans consulte pour le suivi d’une hypertension artérielle essentielle. Elle n’a aucun symptôme hormis une dyspnée modérée à l’exercice. Elle fume 1 paquet de cigarettes par jour depuis l’âge de 16 ans et n’est pas décidée à interrompre son tabagisme. Lui proposez vous un dépistage du cancer broncho-pulmonaire ?

    La réponse à cette question est donnée au bout d’une discussion extrêmement complète et nuancée qui résume bien l’état actuel des connaissances sur le dépistage du cancer du poumon. Au terme de celle-ci, il est dit que, après que cette personne ait été bien informée des bénéfices et des inconvénients du dépistage scanographique, un dépistage scanographique doit lui être proposé conformément à la plupart des recommandations nord-américaines actuelles. Elle peut l’accepter mais il n’est pas déraisonnable qu’elle le refuse. Qu’elle l’accepte ou non une aide au sevrage tabagique doit lui être à nouveau proposée.

    Les lecteurs de ce site qui souhaitent actualiser leurs connaissances sur le dépistage du cancer du poumon auront intérêt à lire cet article très bien documenté.

    Étiquette:
  • Cellules tumorales circulantes et dépistage du cancer broncho-pulmonaire.

    1.02
    Revue: Plos One

    La recherche de cellules tumorales circulantes (CTCs) est de plus en plus envisagée comme une technique de dépistage et l’article qui donne des résultats préliminaires de l’équipe niçoise de Paul Hofman et que publie PLOS ONE cette semaine a été largement commenté par la grande presse durant ce week end.

    C’est une étude monocentrique qui porte sur 245 patients qui faisaient partie d’un groupe contrôle de patients inclus dans une grande étude prospective évaluant la fréquence des CTCs chez des patients opérés d’un cancer broncho-pulmonaire (de 2008 à 2012). Ce groupe contrôle comprenait 168 patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPC0) admis à l’hôpital, 42 fumeurs sans pathologie détectable et 35 sujets sains non fumeurs.

    La détection de CTCs a été réalisée par la technologie ISET (Isolation by Size of Epithelial Tumor cells). Tous les patients atteints de BPCO ont bénéficié d’un scanner thoracique à faible dose initial puis annuel.

    Résultats

    Chez 5 des 168 patients atteints de BPCO (3%) des CTCs ont été détectés. Ils en avaient entre 19 et 67 et certains avaient des clusters de cellules tumorales.   

    La présence de CTCs était corrélée à la gravité de la BPCO. Deux patients avaient un score de GOLD à 2, les 3 autres avaient un score de GOLD à 3.  Chez ces 5 patients un cancer broncho-pulmonaire (4 adénocarcinomes et 1 épidermoïde) a été diagnostiqué ente 1 et 4 ans après la découverte de CTCs. Ces 5 cancers étaient de petite taille (14 à 20 mm) et tous étaient de stade IA.

    Tous ont été opérés et n’ont pas récidivé à 16 mois après la chirurgie.

    Chez aucun autre patient atteint de BPCO ou non, un nodule ou a fortiori un cancer n’a été détecté. Chez trois des 168 patients atteints de BPCO,  des cellules ont été également détectées, mais qui n’avaient pas de caractère cytologique suspect.  

     

    Cette très importante étude apporte des résultats particulièrement intéressant conduisant à plusieurs commentaires et à plusieurs questions.

    Le premier point à souligner est qu’il s’agit d’une étude très préliminaire à petits effectifs (5 malades atteints de cancer au total) et monocentrique. Les auteurs ne précisent pas si ces malades "contrôles" d’une autre étude ont tous été consécutivement inclus de sorte qu’il est probable que seulement  certains l’ont été, ce qui peut constituer un biais important.

    Le deuxième point est que cette technique ne peut être en aucun cas, dans l’état actuel des choses, proposée comme une technique de dépistage. Par définition le dépistage ne s’adresse pas à des malades mais à des sujets sains qui n’ont aucun symptôme. Ici il s’agissait bien de malades et même de malades qui ont été admis en hospitalisation. Ils étaient donc symptomatiques. Dans le même temps, cette recherche a été négative chez  les 77 sujets sains fumeurs ou non.

    Le troisième point est que le choix de sujets atteints de bronchite chronique, s’il peut paraître légitime parce que le cancer est fréquent chez ces malades, est discutable car ces malades ne sont pas les meilleurs candidats à la chirurgie thoracique, souvent du fait de la dégradation de leur fonction respiratoire et de leurs comorbidités. De plus, la BPCO elle-même est une cause de mortalité. Ceci est d’autant plus ennuyeux que la présence de CTCs était corrélée à la gravité de la BPCO. Les 2 patients qui avaient un score de GOLD à 2, et les 3 autres qui avaient un score de GOLD à 3 ont, - du fait même de leur seule BPCO – une mortalité respectivement de 5,9% et 14,3% à 3 ans (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22997207). Il ne nous semble pas que, de ce fait, ils soient la cible idéale pour un dépistage.

    Le dernier point enfin concerne le fait que détecter des CTCs plusieurs années avant un cancer peut être particulièrement angoissant pour un malade qui saurait qu’il a un cancer mais serait condamné à n’être l’objet que d’une surveillance scanographique.

    Il n’en reste pas moins que cette voie de recherche reste extrêmement intéressante. Elle devrait, nous semble t-il explorer spécifiquement des sujets sains fumeurs dans un but de dépistage au vrai sens du terme, ou être couplée au scanner pour  aider à différencier les vrais des faux positifs.  

  • La gestion des nodules dans l’étude NELSON : encore des résultats confirmatifs de l’intérêt de cette méthode.

    2.01
    Revue: Lancet oncology

    Hier nous mettions en ligne un commentaire sur les cancers de l’intervalle de l ‘étude NELSON (/prev-em-onco/3756). Aujourd’hui voici un autre article sur les mêmes sujets de la même étude, consacré cette fois à la validation du schéma de surveillance des nodules proposé dans cette étude. Il s’agit du calcul de temps de doublement volumétrique à 3 mois qui permet de réduire le nombre de scanners qui sont effectués lorsqu’on suit les recommandations classiques.

    Les auteurs ont repris les données des 2 premiers scanners et ont pris comme critère de jugement le risque d’avoir un cancer dans les 2 ans qui suivaient ces scanners en comparant ce risque de celui des participants qui avaient un scanner normal.

    Les participants qui n’avaient pas de nodule aux deux premiers scanners avaient une probabilité faible de cancer broncho-pulmonaire dans les deux années qui suivaient. Chez tous les patients qui avaient un nodule cette probabilité augmentait à 2,5% mais la probabilité individuelle dépendait fortement du volume et du temps de doublement ;

    Le volume :

    • Pour les sujets ayant un nodule dont le volume était inférieur à 100m3, la probabilité de cancer broncho-pulmonaire dans les deux années qui suivaient ne différait pas significativement des patients dont le scanner était normal, ce qui valide la pratique d’un simple scanner annuel.
    • Pour ceux dont le volume allait de 100 à 300 mm3, cette probabilité était de 2,4% et différait significativement de celle des patients dont le scanner était normal. Ils étaient considérés comme à risque intermédiaire.
    • Pour ceux dont le diamètre était de 300 mm3 cette probabilité était de 16,9%. Ils étaient considérés comme à haut risque.

    Ces limites étaient assez proches de celles des diamètres fixées à moins de 5 mm, 5 à 10 ou plus de 10mm pour les quelles les probabilités de cancer broncho-pulmonaire dans les deux années qui suivaient étaient de 0,4%, 1,3 et 15,2%.        

    Les temps de doublement :

    • La probabilité de cancer broncho-pulmonaire dans les deux années qui suivaient n’était pas significativement augmentée chez les patients dont le temps de doublement des nodules était ≥600 jours.
    • En revanche, elle était significativement augmentée à 4 chez ceux dont le temps de doublement était entre 400 et 600 jours.
    • Et cette probabilité était encore plus élevée à 9,9% chez ceux qui étaient  ≤ 400 jours.

    Cette étude valide donc, avec des valeurs limites un peu différentes de celles initialement proposées, le fait que la détermination du volume et le calcul du temps de doublement sont bien à prendre en compte dans l’arbre décisionnel et permettent d’avoir une meilleure valeur prédictive positive[1] et de réduire ainsi le nombre de scanners de surveillance.

     



    [1] 14,4% avec cette méthode contre 6,2% si on appliquait le protocole de l’ACCP. 

  • Cancer de l’intervalle dans l’étude PLCO

    1.02
    Revue: Lung Cancer

    Nous venons d’analyser un travail sur les cancers de l’intervalle de l’étude NELSON (/prev-em-onco/3756). En voici maintenant un autre mené à partir de l’étude sur le dépistage par radiographie pulmonaire dans l’étude PLCO. Cette dernière est terminée et a été analysée sur ce site en 2011 (/prev-em-onco/2343).

    Sur les 77 445 personnes soumis à un dépistage radiographique, 299 cancers du poumon ont été dépistés et 151 étaient possiblement des cancers de l'intervalle. Seuls 82 ont été considérés comme de vrais cancers de l’intervalle car ils n’ont pas été retrouvés à la relecture des clichés. Comme dans l’étude NELSON, mais à un moindre degré, probablement car il s’agit ici de dépistage radiographique, il y avait  moins de cancers de stade I (27 vs 50%) mais plus de stades IV (30 vs 16) parmi ces cancers qui ont échappé au dépistage. Il y avait aussi plus de cancers bronchiques à petites cellules (28 vs 7%).

  • Dépistage : les cancers de l’intervalle dans l’étude NELSON

    2.01
    Revue: Lancet oncology

    Les internautes qui vont régulièrement sur ce site connaissent bien la littérature récente concernant le dépistage du cancer du poumon puisque nous avons analysé depuis sa création 109 articles sur ce sujet.

    Les résultats de l’étude Nelson sont toujours attendus mais des informations concernant cette étude dont le recrutement est achevé nous parviennent toujours régulièrement.

    Celle ci, qui est la deuxième en nombre de sujets inclus, se distingue de l’étude princeps NLST (www.em-onco.com/?q=node/2164)sur plusieurs points rappelés ci dessous :

     

    NLST

    NELSON

    Effectifs

    53 454

    15 822

    Dates de recrutement

    2002-2004

    2003-2006

    Age des participants

    55-75

    50-75

    Tabagisme

    30 PA

    Arrêt inférieur 15 ans

    ≥15 cig/jour, 25 ans

    ≥10 cig/jour, 30 ans

    Dates des scanners de dépistage (ans)

    0, 1 et 2

    0, 1, 3, 5 et demi

    Objectif principal

    Réduction de la mortalité spécifique ≥20%

    Réduction de la mortalité spécifique ≥25%

    Gestion des positifs

    Liberté des investigateurs

    Règles précises basées sur la mesure volumétrique

    L’article publié cette semaine est centré sur les « cancers de l'intervalle » dans l’étude NELSON, c'est-à-dire les cancers qui sont survenus en dehors des examens de dépistage, qui ont donc été diagnostiqués après un test négatif. Ces cancers ont été retrouvés à partir du registre hollandais des cancers.

    Cette analyse prévue initialement a pour but de déterminer la fréquence de ces cancers et de déterminer les performances diagnostiques du dépistage scanographique. Les objectifs secondaires étaient de préciser les types histologiques de ces cancers et les raisons de leur échappement au dépistage scanographique. Cette étude de limite aux 3 premiers rounds suivis d’une surveillance de 2 ans. Elle se limite également aux sujets du bras scanner et elle exclue les participants de Belgique (car les données du registre des cancers n’étaient pas utilisables) et ceux qui, bien que randomisés ,n’ont pas eu de scanners (n=7155).

    Le tableau ci dessous indique le nombre de cancers dépistés et de cancer de l’intervalle. A noter que le round 3 est séparé de deux ans du deuxième et qu’il y a un suivi de 2 ans après ce round 3.

     

    Round 1

    Round 2

    Round 3

    Total

    Cancers dépistés

    66

    56

    74

    196

     

    1ére année

    1ére année

    2éme année

    1ére année

    2éme année

     

    Cancers de l’intervalle à 1 et 2 ans

    5

    7

    12

    7

    4

    35

    Pour ces trois rounds suivis de deux ans de surveillance, la sensibilité était de 84,6 %, la spécificité de 98,6 %, la VPP de 40,4 %,  et la VPN de 99,8%.

    Les scanners de dépistage précédant la découverte de ces cancers de l’intervalle ont été l’objet d’une relecture. Le cancer n’existait pas sur le scanner précédent dans seulement un tiers des cas. Dans les 2/3 restants une anomalie suspecte avait échappé à la lecture du scanner. Il s’agissait par exemple de lésion proche de la plèvre ou de bulles  d’emphysèmes ou associées à des images interstitielles. Il pouvait aussi s’agir d’images détectées mais non diagnostiquées du fait d’un manque de compliance du patient.

    Les caractéristiques des cancers dépistés différaient considérablement de celles des cancers de l’intervalle, en ce qui concerne le stade et l’histologie,  comme on le voit sur le tableau suivant :

     

    Cancers dépistés

    Cancers de l’intervalle

    Nombre

    196

    35

    Stades

    Stade Ia (%)

    130 (66)

    3 (9)

    Stade IV (%)

    9 (5)

    24 (69)

    Histologie

    Cancers bronchiques à petites cellules (%)

    8 (4)

    7 (2O)

    Adénocarcinomes[1] (%)

    102 (52)

    9 (26)

    Ce travail donne de multiples et intéressantes informations. Il apporte pour la première fois des informations sur les raisons qui ont conduit à ce que ces cancers ont échappé aux scanners de dépistage. Il montre aussi que ces cancers sont peu nombreux. Il souligne enfin que ces cancers sont plus souvent étendus et agressifs.

    Il est notamment rassurant de constater que seulement 3 des 133 cancers de stade IA ont été dépistés et que 24 des 35 cancers de l’intervalle étaient des cancers métastatiques dont le dépistage n’aurait pas été de grande utilité.



    [1] Sans compter les bronchioloalvéolaires.

    Étiquette:
  • Recommandations du JAMA sur le dépistage.

    0
    Revue: Journal of the American Medical Association

    Ce texte court reprend les recommandations de l’US Preventive Services Task Force (USPSTF) déjà citées sur ce site en janvier dernier (/prev-em-onco/3510). La méthodologie rigoureuse utilisée pour établir ces recommandations y est rappelée. Il est notamment fait allusion à une méta-analyse incluant 3 des 4 essais randomisés terminés (l’essai MILD étant exclu car jugé de mauvaise qualité) : le risque de décès par cancer broncho-pulmonaire était significativement réduit : RR= O,81 (95% CI, 0,72-0,91). Quand l’essai MILD était inclus en revanche le scanner n’avait plus d’effet significatif.

    Ce texte recommande de réaliser un scanner annuel chez les adultes asymptomatiques de 55 à 80 ans ayant fumé 30 PA et étant toujours fumeurs ou ayant interrompu leur tabagisme depuis moins de 15 ans. Le dépistage doit être arrêté quand l’arrêt du tabac dépasse 15 ans ou que surviennent des problème de santé limitant l’espérance de vie ou interdisant un geste chirurgical. 

  • TEP-FDG et dépistage du cancer broncho-pulmonaire

    1.02
    Revue: European Respiratory Journal

    Nous avons déjà sur ce site mentionné des études prospectives sur l’utilisation de la TEP-FDG pour l’interprétation des nodules découverts dans un contexte de dépistage du cancer broncho-pulmonaire (/prev-em-onco/2012, /prev-em-onco/2290, /prev-em-onco/3301). L étude rapportée ici a été réalisée à partir de l’étude COSMOS récemment commentée sur ce site (/prev-em-onco/3673). Rappelons qu’il s’agissait d’une étude ouverte réalisée à Milan qui avait essentiellement pour but d’explorer la gestion des positifs étudiée de façon prospective dans une étude monocentrique rigoureusement menée. Cette étude avait enrôlé, entre octobre 2004 et octobre 2005,  5203 volontaires, ayant fumé plus de 20 paquets année, et âgés de plus de 50 ans. Un scanner initial puis quatre scanners annuels leurs était proposés.

    L’analyse rapportée ici porte sur 383 des 443 TEP-FDG effectués dans le cadre de l’exploration de nodules suspects. Parmi ceux-ci 241 ont été biopsiés ou opérés (196 étaient malins et 45 bénins) et 142 ont été suivis plus de 2 ans.

    Les chiffres de sensibilité, spécificité, VPP, VPN et exactitude exprimés en % et rapportés aux caractéristiques des nodules sont indiqués sur le tableau ci dessous :

     

     

    Sen

    Spé

    VPP

    VPN

    Exact

    Ensemble

     

    64

    89

    85

    70

    76

    Taille maximum des nodules (mm)

    <10

    39

    95

    87

    65

    70

    10-15

    61

    93

    88

    73

    78

    ≥15

    87

    73

    86

    75

    82

    Type de nodule

    solide

    79

    88

    86

    83

    84

    Partiellement solide

    49

    89

    86

    57

    66

    Non solide

    22

    94

    88

    38

    46

    Sub-solide

    36

    91

    86

    48

    58

    Les performances diagnostiques de la TEP-FDG étaient moins bonnes pour les scanners effectués après l’examen initial que pour ce dernier et pour les nodules non solides que pour les solides. Enfin, ce sont pour les nodules de taille supérieur à 15 mm que le TEP-FDG avait les meilleures performances.

    Les auteurs concluent que ces résultats sont « encourageants ».

    Ces chiffres sont assez proches de ceux de l’étude NELSON (/prev-em-onco/2290) publiés en 2011 comme on peut le voir sur le tableau ci-dessous :

     

    Sensibilité

    Spécificité

    VPP

    VPN

    NELSON

    84

    75

    79

    81

    COSMOS

    64

    89

    85

    70

    Dans l’étude NELSON sur 105 patients qui présentaient un cancer broncho-pulmonaire, 16 avaient une TEP-FDG négative ce qui a conduit les auteurs à conclure à l’impossibilité de se fier aux résultats de la TEP-FDG pour prendre la décision de ne pas opérer un patient. Cette conclusion découlait d’une valeur prédictive négative à 81%. On ne voit pas comment on pourrait conclure différemment à la suite de cette étude où la VPN est encore plus basse. Finalement cette étude confirme des données bien connues : pour les nodules non solides et pour les nodules solides de taille < 10mm, la TEP-FDG n’a pas d’intérêt. Pour les nodules solides de 10-15 mm, elle est utile, non pas pour fournir un diagnostic,  mais parce qu’elle est performante  pour le  bilan d’extension.

  • Le dépistage scanographique du cancer broncho-pulmonaire est-il coût efficace ? Une étude canadienne.

    1.02
    Revue: Journal of Thoracic Oncology

    Les données de la littérature disponibles sur le coût du dépistage sont actuellement peu nombreuses et apportent des conclusions différentes : certaines études affirment que le dépistage du cancer du poumon serait coût-efficace,  d’autres concluent l’inverse.

    La  Pan-Canadian Early Detection of Lung Cancer Study a été conçue dans le but de réduire le taux de mortalité par cancer broncho-pulmonaire avec un coût abordable dans le système de santé canadien. Les participants potentiels à l’étude ont été recrutés par message dans les journaux, à la radio, ou contacts avec leur médecin. Les candidats étaient ensuite sélectionnés à partir de leur facteur de risque prédictif calculé sur Internet. Si le risque calculé était supérieur à 2 % pendant trois ans les participants potentiels étaient interviewés dans la perspective d’une inclusion dans l’étude.

    Dans cet article sont décrits les coûts associés aux 18 premiers mois de dépistage et le suivi pendant deux ans des cancers qui ont été dépistés.

    Pour rentrer dans cette étude médico-économique, les sujets recrutés devaient avoir au moins deux scanners, un scanner initial et un deuxième 1 an plus tard. Pendant la première moitié de l’étude les volontaires avaient également une endoscopie de fluorescence.

    La procédure de surveillance des anomalies découvertes était très précise :

    -       les patients qui n’avaient pas de nodule ou un nodule solide ou subsolide de moins de 5 mm ou une lésion en verre dépoli de moins de 8 mm avaient simplement un scanner 1 an plus tard.

    -       Ceux qui avaient un nodule solide ou subsolide de 5 à 10 mm ou en verre dépoli de 8 à 10 mm avaient à 3 mois un nouveau scanner à faible dose.

    -       En cas de croissance de la lésion ou de majoration d’une composante solide ou d’apparition d’un autre nodule, après un autre scanner 3 mois plus tard, une exploration, dont les modalités étaient choisies par le clinicien et le radiologue,  était proposée.

    Parmi les 2537 participants de cette étude,  2059 ont été inclus dans l’analyse médico-économique. Parmi ceux-ci, 83 (4%) avaient un cancer broncho-pulmonaire.

    L’essentiel des coûts engendrés par les personnes qui n’avaient pas de cancer étaient liés aux scanners. Comme dans l’étude NLST, très peu d’autres investigations ont été réalisées. Le coût moyen était de 453 $. Ce coup était triplé chez les sujets qui ont eu une endoscopie avec fluorescence.

    Le coût moyen du traitement d’un patient par chirurgie curative était de 33344 $ et le coût moyen du traitement d’un cancer de stade avancé traité par radiothérapie, chimiothérapie ou traitement de confort était estimé à 47796 $.

    Ainsi, avec un taux de détection similaire à celui de cette étude où 81% des cancers dépistés ont été opérés, on voit que le coût moyen du dépistage associé au traitement des cancers pour ces 18 mois est estimé  à 1880 $ par personne ce qui est un peu moins cher que le traitement des formes avancées qui auraient été diagnostiquées plus tard. De plus, ces traitements  guérissent rarement les malades.

    Étiquette:
  • Organisation du dépistage aux USA

    0
    Revue: Lung Cancer

    Depuis que l’efficacité du dépistage scanographique a été démontrée (/prev-em-onco/2164) puis largement recommandée aux USA et au Canada (/prev-em-onco/2999, /prev-em-onco/3033, /prev-em-onco/3440 /prev-em-onco/3510), des centres spécialisés ont été mis en place. Mais ces centres sont-ils assez nombreux ? C’est la question que pose cet article à partir d’une enquête réalisée aux Etats-Unis.

    Si le nombre moyen de centres par états est de 4, on note que 11 états n’ont pas de centre identifié et que certains, comme la Californie par exemple qui en a 20, sont au contraire très bien pourvus. Dans certains états, où pourtant l’incidence du cancer broncho-pulmonaire est élevée,  la disponibilité de tels centres est insuffisante. 

    Lors de l'implantation future de structures de dépistage en Europe, il faudra bien veiller à faire coincider ces centres avec les chiffres d'incidence du cancer du poumon. 

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